Référendum constitutionnel Burundi

La campagne d'explication des propositions d'amendement de la Constitution post-transition de 2005 est entrée, jeudi, dans sa sixième semaine, sur une mise au point du ministère de l'Intérieur et de la Formation patriotique que le moment n'est pas encore venu d'appeler à voter 'Pour' ou 'Contre'.

Quelque 89 des 305 articles de la Constitution de 2005 ont été proposés à l'amendement, notamment la suppression du quinquennat présidentiel, pour le remplacer par un septennat, et l'introduction d'un poste nouveau de Premier ministre, chef du gouvernement.

Des membres du gouvernement, des responsables de l'administration territoriale et locale sont sur le terrain depuis le lancement officiellement de la campagne référendaire par le chef de l'Etat burundais, Pierre Nkurunziza, le 12 décembre dernier.

Certains de ces responsables n'hésitent pas cependant à appeler ouvertement la population à se préparer au vote favorable, le moment venu.

D'un autre côté, des cas d'emprisonnements de ceux qui appellent à voter 'Contre' sont régulièrement rapportés par les médias locaux, notamment dans les rangs de l'opposition.

La Commission électorale nationale indépendante (CENI) avisera, le moment opportun, d'entrer en campagne, 'en tant que seule organe habilité', a fait la mise au point, le ministre de l'Intérieur et de la Formation patriotique, Pascal Barandagiye.

Le code électoral encore en vigueur au Burundi prévoit que la campagne débute seulement deux semaines avant la tenue d'une élection donnée.

La CENI a déjà bouclé la mise en place des démembrements provinciaux et communaux, chargés d'une série de tâches en rapport avec le prochain référendum populaire.

Les différents démembrements sont appelés à coordonner le recensement des candidats électeurs au référendum populaire, programmé pour le mois de mai prochain.

Les données de ce recensement vont encore servir aux élections générales de 2020, a déjà annoncé le président de la CENI, Pierre Claver Ndayicariye.

Les lointaines élections de 2020 font également couler beaucoup d'encre et de salives dans les milieux de l'opposition et des syndicats des fonctionnaires de l'Etat, notamment en ce qui concerne leur financement.

Une coalition de l'opposition parlementaire, 'Amizero Y'Abarundi' (Espoir des Burundais, en langue nationale, le Kirundi) a déjà saisi le président de l'Assemblée nationale, Pascal Nyabenda,d'une correspondance faisant état des contributions financières demandées à la population, 'en violation de la Constitution'.

La Constitution n'oblige la population à la solidarité nationale 'qu'en cas de catastrophe', argumente les 25 parlementaires ayant signé la correspondance.

'Les élections ne constituent, en aucun cas, une catastrophe nationale', persistent et signent-t-ils, dans la correspondance qui pointe encore la suffocation de la population au bout de bientôt trois ans de crise sociopolitique et économique.

Les deux principales Confédérations des syndicats du Burundi (Cosybu) et des syndicats libres du Burundi (CSLB) ont également saisi le ministre de l'Intérieur d'une correspondance demandant un dialogue avant de procéder aux retenus sur salaires à la source, comme le préconise le gouvernement burundais.

Le gouvernement burundais a opté pour l'autofinancement du référendum constitutionnel et des élections de 2020 pour anticiper les réticences de ses principaux partenaires techniques et financiers traditionnels.

La communauté internationale n'avait pas honoré ses promesses de financer les précédentes élections controversées et émaillées de violences de 2015.

La même communauté internationale maintient la pression en faveur d'un dialogue 'inclusif' de toutes les parties prenantes pour assainir le climat sociopolitique national toujours délétère, avant d'envisager de nouvelles élections.

La CENI avait budgétisé les précédentes élections de 2015 pour un montant global de 40 millions de dollars américains.

L'autorité électorale nationale n'a toujours pas rendu public le budget des prochaines élections de 2020 pour lesquelles certains membres du gouvernement, ceux des administrations territoriales et locales ont commencé à contribuer, pour donner l'exemple de ce qu'est la 'souveraineté nationale' aux autres catégories socioprofessionnelles encore hésitantes.

PanaPress 19/01/2018