Yaoundé, Cameroun – Le Conseil constitutionnel va se pencher, mardi, sur 18 recours en annulation introduits par les candidats à l'élection du 7 octobre et même ceux dont Elections Cameroun (Elecam) avait rejeté les dossiers.

En attendant la publication des résultats de l'élection présidentielle du 7 octobre, le Conseil constitutionnel commencera à examiner, mardi, les 18 recours en annulation dont l'objet porte, entre autres, sur l'annulation partielle ou totale de l'élection présidentielle du 7 octobre.

Maurice Kamto, président du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) qui a revendiqué la victoire, le 8 octobre, demande l'annulation partielle des élections dans les régions de l'Adamaoua, le Sud, l'Extrême Nord, le Nord-Ouest, l'Est et le Sud-Ouest.

«Maurice Kamto a annoncé à l'opinion publique nationale la constitution d'un collectif constitué d'éminents avocats en charge d'assurer la défense de sa position durant le contentieux qui se mènera devant le Conseil constitutionnel suite aux élections présidentielles de 2018», a déclaré Olivier Bibou Nissack, porte-parole du MRC, dans un communiqué.

Il soutient qu'en raison de la grave crise sécuritaire que traversent les régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest depuis 2016, il aurait été impossible que l'élection présidentielle y soit organisée convenablement.

Cabral Libii Li Ngué, candidat du pari Univers et de Joshua Osih présenté par le Social Democratic Front (SDF) souhaitent, pour leur part, l'annulation totale des élections à cause non seulement de la non-participation des populations du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, mais aussi dénoncent les fraudes massives qui ont émaillé ce scrutin.

Entre autres réclamations de ces derniers, on retrouve en bonne place « l'invalidation des résultats obtenus par le candidat du Rassemblement Démocratique du Peuple Cameroun (RDPC) qu'est le président sortant, Paul Biya au pouvoir depuis 35 ans, la suspension de l'équipe dirigeante de Elecam, l'annulation et la reprogrammation de l'élection présidentielle, et aussi l'incompétence du Conseil constitutionnel.

Bertin Kisob Kisob, fondateur du Cameroon Party for Social Justice (CPSJ) dont la candidature avait été rejetée par Elections Cameroun (Elecam) a déposé, à lui seul, 14 recours en annulation.

Ce dernier est incarcéré depuis novembre 2011 après avoir revendiqué une fusillade sur le pont du Wouri à Douala, mais aussi l'assassinat de deux gendarmes dans la péninsule de Bakassi sous la bannière de l'Armée de libération du peuple camerounais (ALPC), respectivement en septembre et 9 octobre 2011.

Rigobert Gabanmidaha Aminou, un autre candidat indépendant à l'élection présidentielle et dont le dossier avait été recalé par Elecam a, lui aussi, déposé un recours pour demander l'annulation et la reprogrammation de l'élection présidentielle.

Il faut rappeler que le Conseil constitutionnel est le seul organe qui puisse garantir la conformité du processus électoral au Cameroun tel que la stipule l'article 48 de la Constitution en ces termes : «Le Conseil constitutionnel veille à la régularité de l'élection présidentielle… ».
De même, il lui revient de proclamer les résultats de l'élection présidentielle et ses décisions ne sont susceptibles d'aucun recours.

PanaPress