Transport aérien en Afrique

ECONOMIE - La Banque Africaine de Développement (BAD) poursuit avec ses réflexions en vue de rendre effectif le projet d'un marché unique du transport aérien en Afrique. Ce projet vise à terme à permettre des liaisons aériennes entre les pays de la région, sous les mêmes règlementations et sans restrictions aucune pour les compagnies aériennes de la région.

« Nous souhaitons soutenir les efforts concrets des pays, des organisations régionales et des entreprises du secteur de l'aviation pour accroître la connectivité et ouvrir le ciel africain », a déclaré Pierre Guislain (photo), vice-président du secteur privé, de l'infrastructure et de l'industrialisation, lors d'une récente rencontre sur le sujet.

Il faut dire que jusqu'ici, seulement 23 pays ont adhéré au projet qui, de l'avis des experts, pourrait faire bondir le transport aérien en Afrique. Le secteur connaît dans la région de grosses difficultés, essentiellement structurelles et règlementaires.

Ces défis se traduisent par une faible fréquence de vols entre les principales capitales du continent, des tarifs de transports très élevés et de longues connectivités pour des distances parfois courtes. Des analystes de Proparco, la branche de l'Agence française de développement en charge du secteur privé, ont dans une réflexion sur le sujet, estimé que, dans une Afrique qui souffre de faibles infrastructures de communication, le transport aérien constitue une solution pour booster la circulation des biens et personnes.

Mais pour cela, l'Afrique, notamment subsaharienne, doit trouver un solide modèle économique qui permettra de satisfaire les différentes volontés nationales. Le lancement effectif d'un marché unique du transport aérien sera un bon départ. Mais il faudra affronter les coûts des avions, de la maintenance, de la gestion et un ensemble d'autres charges fixes assez contraignantes.

En attendant, la demande pour les services de transport aérien continue de gonfler en Afrique. Selon les dernières données de l'IATA, l'une des instances internationales du transport aérien, le volume de passagers kilomètre payant (mesure de la demande dans le transport aérien), a progressé de 6,8 sur une période de 12 mois s'achevant à la fin février 2018.

Idriss Linge - Agence Ecofin