George Weah Président Liberia

La large victoire de George Weah, ancien footballeur professionnel du club de la capitale française, Paris Saint-Germain, au 2ème tour de l'élection présidentielle au Liberia avec 61,5 % des voix, contre 38,5 % pour son adversaire, le vice-président sortant, Joseph Boakai, a été largement relayée par les journaux français.

'Au Liberia, le sacre de George Weah', a titré le quotidien Le Figaro, qui ajoute que l'ancienne star du PSG et du Milan AC a été élue à la tête de ce pays toujours traumatisé par la guerre civile et Ebola.

'Jamais un sportif n'aura réussi une telle reconversion. Le buteur star du PSG et du Milan AC, unique vainqueur africain du Ballon d'or européen, a dû évoluer pour y parvenir', a écrit Le Figaro qui précise que Weah a été battu deux fois, en 2005 comme candidat pour la présidence, puis en 2012 comme candidat au poste de vice-président.

Le candidat a joué sur son extraction modeste, cette enfance passée avec sa grand-mère dans le bidonville de Gibraltar, l'un des pires de Monrovia, à lutter pour la survie comme le fait encore chaque jour une majorité de Libériens. Weah le sait, ce destin de gamin de rien devenu un cador millionnaire du foot fait rêver.

'Personne ne devrait avoir peur du changement. Regardez ma vie: je suis passé de footballeur à homme politique, lançait-il. Vous pouvez vous aussi être cette personne. Nous sommes pareils', affirmait Weah pour évoquer son parcours.

Pour faire oublier sa scolarité éphémère que ses adversaires lui reprochaient, écrit Le Figaro, Weah a passé des diplômes à l'université de DeVry, à Miami, et s'est aussi fait élire, en 2014, sénateur de Montserrado, le comté le plus peuplé du Liberia.

La Croix, pour sa part, intitule son article 'Redresser le Liberia, l'immense défi de George Weah ' et a souligné que le président nouvellement élu s'apprête à prendre les rênes d'un pays au passé aussi riche que lourd et à l'économie parmi les plus pauvres et les plus fragiles de la planète.

La Croix décrit l'histoire du Liberia comme 'un pays à l'histoire singulière et agitée, un pays du golfe de Guinée, symbole tantôt d'espoir, tantôt d'obscurité pour l'Afrique tout entière'.

Le Liberia, écrit le journal, est la plus ancienne République indépendante du continent africain, fondé dans des conditions particulières, dès la première moitié du XIXe siècle, par la Société nationale d'Amérique de colonisation, une société se présentant comme philanthropique à l'époque, fondée en 1817 afin de diminuer le nombre de Noirs sur le sol américain, mais dont la plupart des membres rejetaient l'affranchissement des esclaves.

'Les principales organisations abolitionnistes et anti-esclavagistes de l'époque, telle l'American Anti Slavery Society, condamnèrent en leur temps l'action de cette société qui, dès 1821, acheta des terres dans l'ouest de l'Afrique, à l'embouchure du fleuve Saint-Paul, pour envoyer les esclaves affranchis', souligne La Croix.

C'est donc là que l'entité Liberia fut créée, sous contrôle de cette société outre-Atlantique, avant de se déclarer république indépendante en 1847, organisant durant des décennies le retour massif d'anciens esclaves – jusqu'à 13 000 – sur son sol.

'Mais les élections dans cette nouvelle République se faisant selon la règle du suffrage censitaire, avantageant alors ces colons américano-libériens et leurs descendants vis-à-vis de la population autochtone et les seuls jouissant du statut de citoyen, donc du droit de vote avec leur parti, le True Whig, qui a exercé le pouvoir durant plus d'un siècle, jusqu'en 1980', indique La Croix.

A l'inverse, les habitants autochtones du Liberia, Africains dont les ancétres n'avaient pas connu l'esclavage en Amérique, étaient maintenus en condition de travail forcé pour le compte de multinationales de l'industrie du caoutchouc et qui ont attendu jusqu'en 1945 pour avoir le droit de vote par le président de l'époque, William Tubman, lui-même d'origine américano-libérienne, et considéré comme le père du Liberia moderne.

Puis s'ensuivit une série de coups d'Etat de 1971 à 1990 avant que le conflit dégénère sur des bases ethniques et économiques, avec une première guerre civile de 1996 à 1997, et une seconde entre 1999 et 2003, qui ont fait au cours de quatorze années, entre 150 000 et 300 000 tués (le nombre de 250 000 est le plus communément admis), des civils pour la plupart, avant que Ellen Johnson Sirleaf, devienne en janvier 2006, la première femme présidente d'un pays en Afrique.

'Tel est le pays dont George Weah prendra les rênes, le 22 janvier 2018', où moins de 2 % de la population, sur 4,6 millions de Libériens, ont accès à l'électricité, un pays classé 177ème (sur 188) par l'ONU pour son indice de développement humain, 75 % de la population a moins de 35 ans, l'espérance de vie est de 62 ans, et 94 % des travailleurs gagnent moins de 2 dollars par jour, la moitié d'entre eux étant employée dans le secteur agricole (huile de palme, bois et caoutchouc destinés à l'exportation).

L'industrie, en progression, représente 16,4 % du Produit intérieur brut (PIB), du fait en particulier de la production réactivée de minerai de fer, même si le sous-sol est aussi riche en bauxite, en diamants et en or. Tirés par le commerce et les banques, les services, eux, emploient désormais plus de quatre actifs sur dix.

'George Weah, l'enfant du ghetto devenu président du Liberia', titre Le Monde qui ajoute que l'ancien footballeur a été élevé par sa grand-mère dans le bidonville de Clara Town et jouit d'une popularité exceptionnelle parmi les classes les plus défavorisées.

Le Monde dresse le parcours sportif de Weah qui, après des débuts comme gardien de but dans un petit club de la banlieue de Monrovia, se retrouve au poste d'avant-centre dans un club camerounais. En 1988, alors âgé de 22 ans, il rejoint l'AS-Monaco et pendant quatorze ans, l'attaquant va alors jouer dans les plus grands clubs européens, du Paris-Saint-Germain (PSG) au Milan AC, en passant par Chelsea, Manchester City et l'Olympique de Marseille, avant de remporter en 1995 le Ballon d'or pour ses prestations avec le PSG en Coupe d'Europe. Jusqu'á aujourd'hui, il est l'unique Africain détenteur de ce titre, précise le journal.

Pour Le Monde, l'élection de 2017 marque un tournant dans l'histoire du Liberia car pour la première fois depuis la création du pays en 1822, le vainqueur est un 'enfant du ghetto', membre de l'ethnie krou et ne faisant pas partie de l'élite descendant d'esclaves affranchis aux Etats-Unis, appelés les 'congos', qui dominent traditionnellement la vie politique, et considéré comme un 'native', mot utilisé pour décrire les Libériens d'origine.

'Imaginez que vous vivez dans un pays où une petite élite a tout, et le reste n'a rien. Aujourd'hui, notre nouveau président va redonner son pouvoir au peuple', expliquait dans les colonnes du journal, une vieille dame venue participer aux festivités.

'Le pays est à bout de souffle ; 64 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, 62 % des 15-24 ans n'ont pas achevé leurs études primaires et 31 % des Libériens souffrent de sous-nutrition. Dans ces conditions, le discours de George Weah en direction des plus défavorisés a porté, et c'est probablement cela qui l'a mené à la victoire', explique le quotidien du soir.

Mais les critiques contre Weah ne manquent pas comme son manque d'éducation et son programme électoral qui ressemble à un catalogue de bonnes intentions alors que les vraies solutions pour éradiquer la corruption, développer les infrastructures, l'éducation et relever le système de santé manquent à ses promesses. A cela, le peuple répond: 'Au moins, lui, il connaît nos problèmes. Il travaillera sans relâche pour nous aider', écrit le journal.

'Au Liberia, George Weah triomphe dans les urnes', a titré Libération qui précise que « la victoire de Weah est aussi une accumulation de premières. 'Première alternance démocratique depuis soixante-dix ans dans ce pays anglophone ravagé par une guerre civile (1989-2003) qui fit 250?000 morts', écrit Libé.

'Première accession au pouvoir d'un native, descendant des populations indigènes du Liberia, par opposition aux congos, ces esclaves affranchis de retour des Etats-Unis qui ont fondé le pays en 1822 et toujours dominé la vie politique. Première fois, enfin, qu'un sportif footballeur de haut niveau est élu à la tête d'un Etat', ajoute le journal.

'Weah a été élu pour ce qu'il représente davantage que pour son programme. C'est le fils du peuple qui a réussi, et il est perçu comme un homme honnête. Il va maintenant devoir répondre aux attentes de ses électeurs: les jeunes et les classes défavorisées. C'est-à-dire créer des emplois et réparer les systèmes éducatif et de santé', explique Liana Maria Ursa, de l'université libre de Bruxelles dans Libé.

PanaPress 01/01/2018

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