Exonérations fiscales

Dans le cadre de la mobilisation des ressources internes, le gouvernement nigérien a modifié mercredi dernier certaines dispositions de son code des investissements afin d'atténuer la baisse des recettes qu'engendrent certaines exonérations fiscales, indique un communiqué officiel rendu public à l'issue du conseil des ministres.

Une loi en vigueur depuis 2014 accordait beaucoup de facilités aux investisseurs, notamment à travers l'exonération d'un certain nombre de produits à l'importation. Conjoncture oblige, le gouvernement nigérien a estimé nécessaire de revoir certaines dispositions de son Code des investissements.

L'objectif initial était de favoriser le développement des activités socio-économiques en stimulant l'investissement à travers notamment des incitations fiscales au profit des promoteurs. Trois ans après sa mise en œuvre, il s'est avéré que certaines dispositions du code qui consacrent d'importantes exonérations 'ont de plus en plus un impact considérable sur le budget de l'Etat, puisqu'elles sont source de pertes de recettes au vu de leur volume sans cesse croissant'.

A titre illustratif, a expliqué le gouvernement de 2011 à 2016, les exonérations accordées par l'Etat ont représenté un montant cumulé de 1.153,40 milliards.

Plus de 1000 milliards d'exonérations au profit de la clientèle politique, titre à la Une l'hebdomadaire L'ECLOSION. 'Pendant longtemps, la société civile et la presse avaient dénoncé les exonérations en cascade accordées à tour de bras aux entreprises par le gouvernement du Premier ministre Brigi Rafini', souligne L'ECLOSION. Le journal rappelle que ce que les autorités politiques avaient toujours nié en prétendant vouloir favoriser la création d'entreprises et la prospérité des PME (petites et moyennes entreprises) est étalé au grand jour.

'Mais comme la vérité finit toujours par prendre le dessus sur son ennemi juré, c'est le gouvernement lui-même qui revient se dévoiler sur la place publique et de la manière solennelle : au sommet de l'Etat en conseil des ministres. Plus de 1000 milliards d'exonérations pour le pays le plus pauvre au monde ? Quel paradoxe', s'exclame L'ECLOSION. 'C'est donc maintenant seulement que notre gouvernement a compris le tort qu'il cause aux contribuables à travers ces exonérations démesurées qui ont servi à enrichir des militants et autres amis politiques', ajoute le journal.

Le quotidien privé L'ENQUETEUR estime pour sa part que 'le récent tour de vis' dans la délivrance des exonérations douanières et fiscales ou la création du Compte unique du Trésor ne suffiront pas à 'renverser la courbe baissière des recettes de l'Etat'. 'Il faudrait un traitement de choc, de toute urgence. Inutile de se leurrer avec les mesurettes sorties de manches du ministre des Finances. La thérapie salvatrice passe obligatoirement par un régime sec pour nombre d'institutions de la République. Mais avant tout, un dégraissage en profondeur du gouvernement s'impose', poursuit le journal.

'Les exonérations de taxes ont coûté 1.153, 40 milliards au Niger en cinq (5) ans', écrit le quotidien LA NATION. Le journal indique qu'un projet de loi a été adopté et vise à supprimer des exonérations fiscales dans le code des investissements. 'C'est ainsi que le nouveau projet de loi supprime les avantages fiscaux et douaniers accordés aux entreprises agréées au code des investissements et qui évoluent dans l'importation des matières premières et leurs emballages', selon le journal. LA NATION rappelle que c'est dans le but d'inciter les investisseurs à dynamiser le secteur privé nigérien que le gouvernement avait adopté en avril 2014 un code des investissements favorables aux promoteurs.

'Bientôt le dépôt de bilan ?', s'interroge le très critique hebdomadaire privé LE COURRIER. 'Il arrive que des Etats traversent une mauvaise passe du fait d'une sévère crise de trésorerie. Au Niger, de l'avis de nombreux observateurs, il est fort plausible que le régime d'Issoufou Mahamadou baisse les rideaux, purement et simplement', écrit le journal qui analyse de façon globale la situation économique du pays. 'Aujourd'hui, le Trésor public est littéralement asséché et les ridicules mesures du ministre des Finances n'y peuvent rien', selon le journal.

L'hebdomadaire 'LA ROUE DE L'HISTOIRE', proche du gouvernement, rapporte tout simplement que dans le domaine des finances, le gouvernement a procédé à la modification du Code des investissements, en ce que bien que comportant des incitations fiscales au profit des promoteurs, consacre d'importantes exonérations qui ont de plus en plus un impact considérable sur le budget de l'Etat puisqu'elles sont source de pertes de recettes au vu de leur volume sans cesse croissant.

'Sécheresse économique et crise politique : Issoufou Mahamadou, un soldat perdu ?', titre l'hebdomadaire LE MONDE D'AUJOURDHUI. Dans cet article, le journal expose plusieurs situations difficiles dans lesquelles se trouve le régime du président Issoufou Mahamadou. 'Son gouvernement est en conflit ouvert avec les acteurs sociaux; lui-même n'est pas en odeur de sainteté avec ses alliés obligés. Il est à couteaux tirés avec l'opposition de son régime. Et par-dessus tout, la scandaleuse gouvernance des 7 dernières années a fini par plonger le pays dans une situation financière très délicate pour ne pas dire insoutenable', poursuit l'hebdomadaire.

PanaPress 02 octobre 2017

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