Les 8es Universités africaines de la communication de Ouagadougou (UACO) a poursuivi leurs travaux, le vendredi 9 décembre 2011. Le thème de cette journée était « politiques publiques et mutations technologiques, action à court terme ». Les Nouvelles technologiques de l'information et de la communication (NTIC) ont été au coeur de la 8è édition des UACO. Au deuxième jour de ces universités, le vendredi 9 décembre 2011, plusieurs communications ont été données. Parmi les exposés, celui de Mathurin Bako, président de l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) sur le thème: « Le Burkina Faso face aux mutations technologiques internationales ». Selon lui, il convient de mettre en place un plan numérique pour le Burkina Faso qui tienne compte des entreprises et de l'administration publique. « La numérisation des équipements gagne tous les domaines et le Burkina Faso ne peut que s'aligner et s'inscrire dans cette démarche », a affirmé Mathurin Bako. Il a proposé un plan numérique en cinq grands axes.
Premièrement, il faut, selon lui, permettre à chaque Burkinabè d'accéder aux médias numériques, en facilitant la couverture nationale du territoire à l'aide des réseaux de télécommunications fixes et mobiles, améliorer la qualité de l'accès au fixe et au mobile et mettre en place un plan de haut débit. Le deuxième axe porte sur le développement de la production et de l'offre de contenus numériques. A ce sujet, M. Bako a proposé une promotion des outils de production numérique. « Pour ce qui du troisième axe, il s'agira de diversifier les messages et services numériques », a-t-il dit. Le renforcement de la compétitivité de l'économie nationale, grâce au numérique et celui de la gouvernance de l'économie numérique tiennent lieu de quatrième et de cinquième axe. Il a conclu son exposé en indiquant que le plan numérique doit être accompagné de textes réglementaires afin de faciliter sa mise en oeuvre. Une autre communication qui a retenu l'attention des participants a été celle donnée par Lamoussa Oualbeogo de la direction des télécommunications, sur « la transition de la télévision analogique à la télévision numérique de terre au Burkina ». Il a débuté son exposé par un rappel.
Ainsi, selon M. Oualbeogo, la décision du passage de l'analogie au numérique a été prise par l'Union internationale des télécommunications (UIT), lors de la conférence régionale des radios et télécommunications en 2006. Au cours de cette réunion, il a été décidé d'arrêter les émissions de radiodiffusion télévisuelle analogique à la date du 17 juin 2015. « Mais, le Burkina Faso a demandé un délai supplémentaire au 17 juin 2020, pour la bande VHF », a confié Lamoussa Oualbeogo. Il a par ailleurs, montré les avantages du passage à la numérisation. « La numérisation permet d'avoir plus de programmes, des services interactifs, de la haute qualité... » a-t-il souligné. Les défis de la transition numérique que le gouvernement doit relever restent la mise en place d'une politique des fréquences et des niveaux technologiques standards. Pour les consommateurs, il leur faudra remplacer leurs récepteurs analogiques par des récepteurs numériques.
Dans sa conclusion, Lamoussa Oualbeogo a indiqué que le processus de la télévision numérique est bien enclenché au Burkina Faso. L'existence d'un cadre institutionnel qui bénéficie de l'appui des autorités à un plus haut niveau, permet d'impliquer les acteurs à la base. Dans sa communication sur « TV5 Monde, un média global: du plan grand au plus petit écran », André Crettenan, directeur de l'information de TV5 Monde, a estimé que face au développement de l'internet mobile (Smartphones, ipod, ipad), TV5 ne peut se contenter d'être uniquement sur le grand écran. « Il nous faut être également présent sur le petit écran, sinon nous risquons de perdre nos téléspectateurs», a affirmé M. Crettenan. Et d'ajouter que si le public est présent sur facebook, « il nous faut être capable de mettre nos émissions sur facebook ». Une situation qui n'est pas sans conséquences car, selon André Crettenan, le passage de TV5 Monde du grand écran au petit écran a des contraintes: technologique, vu les changements que cela entraîne (différents format et marque) et organisationnel car TV5 doit augmenter ses équipes et son budget.
Souleymane KANAZOE
Sidawa/13/12/2011
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