Madagascar - Le général Faly Rabetrano, directeur général du Bianco, concède l'existence d'obstacles dans l'enquête sur le trafic de bois de rose.Des investigations complexes. Le Bureau indépendant de lutte anti-corruption (Bianco), discret jusqu'ici, lève un pan de voile sur l'enquête relative au trafic de bois de rose. « Nous n'arrivons pas à mettre la main sur certaines personnes susceptibles de faire avancer l'enquête », a confié le directeur général du Bianco, le général Faly Rabetrano, en marge de la cérémonie officielle d'installation des membres du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), hier à Anosy. « Nous avons lancé une opération pour les localiser, mais elles se sont déjà toutes évanouies dans la nature », regrette-t-il.
Le général Faly Rabetrano évoque un des « obstacles » qui se dressent devant le Bianco dans la réalisation de sa mission. Il semble faire allusion, entre autres, au cas des quatre individus faisant l'objet d'avis de recherche lancé il y a quelques semaines, pour illustrer ses propos.
Aucune arrestation n'a plus eu lieu après le placement en détention préventive de 21 personnes à Antalaha le 19 juillet. Mais l'officier général nie l'enlisement de l'enquête. « Certes, l'enquête est difficile, mais nous ne renonçons pas. Nous ne classons jamais un dossier une fois saisis pour celui-ci », promet-il.
Centaine d'auditions
Le DG du Bianco tente de se défendre, concernant l'absence des supposés « gros poissons » interpellés, s'il y en a. « Nous ne faisons pas de distinction dans nos recherches.
Nous interpellons toute personne susceptible de détenir des informations utiles à notre enquête », soutient-il, évoquant une centaine d'individus déjà entendus dans le cadre des investigations.
Le général Faly Rabetrano explique également la raison de la discrétion du Bianco dans le traitement du dossier. « Nous devons respecter le secret de l'enquête. Nous ne pouvons divulguer toutes nos informations », soutient-il. « Il arrive même que celles-ci, une fois publiées, influent sur le cours de nos investigations », ajoute-t-il.
Pour l'instant une quarantaine de personnes sont placées sous mandat de dépôt dans le cadre de l'enquête relative au trafic de bois de rose. Elles sont suspectées d'être impliquées dans le cas de l'affaire des six conteneurs bloqués à Maurice, conduisant à la détention préventive d'un membre du Congrès. La saisie des conteneurs au port de Vohémar a eu pour conséquence, entre autres, l'incarcération d'une vingtaine d'individus, dont des gendarmes.
Le trafic de bois de rose fait couler beaucoup d'encre ces derniers temps. Andry Rajoelina, président de la transition, avait affiché son mécontentement après la découverte des contenteurs à Maurice, lors de son déplacement à Brickaville au mois de juillet.
Il avait exigé un traitement égalitaire et sans état d'âme des suspects et avait juré de ne pas intervenir dans l'enquête. L'Exécutif avait pris une série de mesures, dont le projet de création d'une Cour spéciale pour juger ces infractions.
Pour sa part, Raharinaivo Andrianantoandro, président du Congrès, avait interpellé les autorités dans la gestion du dossier de bois de rose. Il avait posé la question sur un certain « excès de zèle » de l'Exécutif après une période d'inertie, selon ses termes tout en se demandant sur l'absence de « gros poissons » ferrés . Des membres de la Chambre basse sont allés jusqu'à réclamer la mise en place d'une enquête parlementaire pour éclaircir l'affaire.
Iloniaina Alain
L'Express de Madagascar/04/08/2011
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