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May 26th
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Téléphone mobile: Un moyen de communication pratique ou un appareil de traque ?

Communication - Voici le second d'une série de deux articles. Le premier, Liberté, sécurité, connectivité, était consacré aux menaces visant les utilisateurs de l'Internet ainsi qu'aux efforts du département d'État pour les sensibiliser à ces menaces et leur indiquer comment ils peuvent les contrer. Washington - L'ère de l'ordinateur est dépassée : nous vivons aujourd'hui à l'époque de l'Internet mobile, propose Mary Meeker, technologue à Morgan Stanley. De fait, d'ici à 2015, il y aura, selon elle, plus de gens branchés à l'Internet sur leur portable que sur leur ordinateur. Vu les avancées rapides des dispositifs de poche tels les iPhones, Android et autres, et le fait qu'ils demeurent relativement abordables, cela ne serait pas étonnant.

Cependant, les gens qui emploient la communication mobile pour se connecter à l'Internet et échanger des informations courent des risques accrus si les autorités s'intéressent à leurs activités. Les utilisateurs d'ordinateurs peuvent se servir de cafés Internet, de techniques de préservation de l'anonymat et d'autres méthodes pour dissimuler leur identité, mais les téléphones mobiles n'offrent pas un tel niveau de protection.

« Un portable est d'habitude lié à un individu pour des raisons de facturage ou parce que le gouvernement exige l'inscription des cartes SIM sur ses registres », a indiqué un responsable du département d'État sous le couvert de l'anonymat. L'appareil « transmet aussi des données de localisation, ce qui le rend très différent d'un ordinateur », a-t-il expliqué.

Pour promouvoir la capacité de tous de s'exprimer et de se réunir librement, le département d'État a créé un bureau chargé du Programme pour la liberté d'Internet, dont les responsables à "uvrent de concert avec de nombreuses organisations non gouvernementales (ONG) locales et internationales pour disséminer des informations pertinentes aux risques des communications en ligne et aux possibilités de faire des choix plus avisés quant aux activités dans le cyberespace.

Le danger qui menace les citoyens augmente là où les gouvernements cherchent à surveiller ou à bloquer les activités en ligne, a souligné le responsable du département d'État. Les gouvernements répressifs sont de plus en plus capables de le faire « par des moyens très sophistiqués » et « cela devient encore plus inquiétant quand il s'agit de technologie mobile. Les possibilités de surveiller ce que les gens font par le biais de leurs téléphones mobiles sont beaucoup plus grandes ».

Même quand il est possible d'acheter des cartes SIM prépayées pour dissimuler son identité, « on trouve qu'il y a un nombre croissant de pays qui exigent de les faire inscrire afin de savoir exactement qui les utilisent. Et cette information permet donc de surveiller, au niveau de chaque usager, les messages envoyés, les informations obtenues et son identité exacte », a-t-il ajouté.

« Cela fait beaucoup de défis que nous devons relever », a dit le responsable.

Le gouvernement égyptien a pris la décision draconienne de couper l'Internet et les services de téléphonie en réaction aux manifestations en masse contre le régime de Hosni Moubarak. Ã- l'avenir, la technologie mobile dite de réseaux maillés, mise au point par l'ONG New America Foundation, permettra aux usagers de dispositifs portables de créer des réseaux de télécommunications locaux que les autorités ne peuvent pas fermer.

En se servant de cette technologie et de transmetteurs déjà en place, les citoyens peuvent se connecter et échanger des informations entre eux même s'ils n'ont pas accès au réseau général de téléphonie.

« Les gens pourraient centraliser leurs vidéos dans une sorte d'archive municipale à cet effet quelque part, puis il y aurait une personne qui saurait comment y accéder et quelqu'un d'autre avec un accès à une station VSAT [une antenne parabolique communiquant avec un satellite pour la transmettre] », a donné en exemple le responsable du département d'État.

La technologie mobile permet aussi à ses usagers de ne pas révéler leur identité, comme cela serait le cas s'ils passaient en mains propres un CD ou une clé USB contenant les données qu'ils ont affichées en ligne. Grâce au réseau local, une vidéo prise par téléphone mobile et montrant une violation des droits de l'homme peut être transmise d'un téléphone mobile à un autre jusqu'à un individu ayant accès à l'Internet et « personne n'a à savoir qui est à la source », a-t-il expliqué.

Les réseaux mobiles locaux sont aussi utiles pour organiser à la base et remonter le moral. En se connectant les uns aux autres, les gens peuvent savoir que s'ils descendent sur la place publique aujourd'hui, ils ne seront pas seuls. Il y en aura beaucoup d'autres qui s'y trouveront aussi, a dit le responsable.

Encourager la responsabilité des entreprises

Le département d'État a lancé un appel aux entreprises, leur demandant qu'au fur et à mesure qu'elles mettent au point de nouvelles technologies, de tenir compte de l'usage qui pourraient en être fait pour surveiller les activités en ligne. L'objectif du département d'État et de sa collaboration avec le secteur privé est de tirer parti du rôle changeant de la technologie pour promouvoir les droits de l'homme et la démocratie.

Tandis que les compagnies telles YouTube et Facebook ont été louées pour la manière dont leurs produits permettent aux gens d'échanger l'information et de se connecter, « nous voyons aujourd'hui l'autre aspect de la chose où les entreprises se rendent compte que certains pays profitent de leurs technologies de façons de plus en plus sophistiquées pour réprimer leur population, et ces entreprises reconnaissent très clairement leur responsabilité qui est de protéger la sécurité des usagers », a souligné le responsable.

De nombreuses entreprises veulent agir dans le bon sens, a-t-il précisé. Certaines collaborent avec la Global Network Initiative (GNI), une ONG fondée en 2008 qui consacre ses travaux à la prévention de la censure sur Internet et à la protection du droit à la vie privée. La GNI réunit des représentants d'entreprises, d'organisations de défense des droits de l'homme, et d'universités afin qu'ils trouvent ensemble des solutions, et on voit que leurs efforts ont déjà donné des résultats.

Par exemple, lorsque la société Microsoft a entendu dire qu'une ONG russe risquait de se faire confisquer ses ordinateurs et ses données du fait qu'elle utilisait une version de Windows sans licence, ses responsables ont immédiatement réagi en offrant une licence globale pour leur logiciel utilisé par toutes les ONG russes.

Facebook a fait l'objet de critiques pour sa politique qui interdit à ses abonnés d'afficher des profiles anonymes, ses responsables étant d'avis que les noms réels sont un aspect fondamental du réseau. Mais l'entreprise a été très compréhensive quand des activistes en ligne ont eu des ennuis ou que leurs sites ont été piratés, a dit le responsable du département d'État, ajoutant « qu'elle fait le nécessaire pour que ses réseaux soient établis de manière à éviter que les gouvernements ne puissent bloquer les sites de l'opposition ou de militants » sous n'importe quel prétexte.

Certaines entreprises font plus que d'autres, mais le responsable a indiqué que le gouvernement des États-Unis et d'autres entités s'efforçaient d'expliquer pourquoi la technologie devait tenir compte des droits de l'homme, « et cela aidera ceux qui veulent bien agir au sein de ces entreprises de décider que oui, c'est bien la ligne d'action à suivre ».

Stephen Kaufman

United States Department of State/18/11/2011