Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest - Les institutions financières qui s'attendaient à la réduction des taux directeurs de la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Bceao) pour rendre plus accessibles leurs ressources, vont devoir patienter. Le comité de politique monétaire, au terme de sa cinquième réunion ordinaire tenue hier, mercredi 7 septembre à Dakar, sous la présidence du nouveau gouverneur, M. Tiémoko Meyliet Koné, a décidé de les maintenir inchangés.
Les taux directeurs de la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Bceao) seront maintenus inchangés. Le Comité de politique monétaire de l'institution a pris cette décision à l'issue de sa cinquième réunion ordinaire tenue hier, mercredi 7 septembre, dans les locaux du Siège de la Bceao à Dakar et dirigé par son président, M. Tiémoko Meyliet Koné, nouveau gouverneur de la banque centrale. Ainsi, le taux minimum de soumission aux opérations d'«open market » et le taux des opérations sur le guichet de prêt marginal restent respectivement fixés à 3,25% et 4,25%. Par ailleurs, le Comité a décidé de maintenir le coefficient des réserves obligatoires à son niveau de 7,0% en vigueur depuis le 16 décembre 2010.
Cette décision fait suite à une analyse que le comité monétaire de la Bceao a fait sur la situation économique, financière et monétaire récente de l'Union Monétaire Ouest Africaine (Umoa), notamment les risques pesant sur la stabilité des prix et les perspectives de croissance économique dans l'Union. A cet égard, cet organe de la banque centrale a relevé une tendance au ralentissement du rythme de progression des prix. En effet, la même source note que le taux d'inflation, en glissement annuel, est passé de 5,7% à fin avril 2011 à 4,8% à fin mai 2011 et à 3,9% à fin juin 2011. « Cette dynamique est imputable au rétablissement des circuits de distribution en Côte d'Ivoire et au recul de l'inflation importée », précise t-il.
Analysant les autres indicateurs de conjoncture au sein de l'Umoa, le Comité de Politique Monétaire a noté la poursuite de l'atonie de l'activité sur le deuxième trimestre de l'année 2011, imputable aux contre-performances des secteurs industriel et tertiaire. En effet, relève t-il, « l'indice de la production industrielle s'est replié, en glissement annuel, de 3,6% au deuxième trimestre 2011 après une baisse de 5,4% enregistrée le trimestre précédent ». Avant d'ajouter que l'activité dans le secteur tertiaire, appréciée à travers l'indice du chiffre d'affaires dans le commerce de détail, s'est inscrite en repli de 0,8% après une progression de 10,4% enregistrée un trimestre plus tôt.
Sur cette même dynamique, il fait savoir que les conditions monétaires sont apparues globalement favorables, avec une liquidité bancaire relativement abondante, une quasi-stabilité des taux sur le marché monétaire et une détente des taux débiteurs des banques. Toutefois, les taux moyens pondérés des émissions de bons du Trésor se sont tendus d'un trimestre à l'autre.
Incertitudes dans les perspectives de croissance
Le Comité a estimé que les perspectives de croissance économique de l'Union demeurent empreintes d'incertitudes. Selon lui, le taux de croissance de l'activité économique est projeté à 5,3% en 2012 contre 1,0% en 2011, en liaison avec l'apaisement de la situation socio-politique dans l'ensemble des pays de l'Union. Cependant, précise le comité, « la reprise reste fragile, en liaison avec la dégradation de l'outil de production en Côte d'Ivoire et l'ampleur des ressources nécessaires pour la relance des activités dans ce pays ». Et de poursuivre : « Des incertitudes demeurent également quant à l'impact des récentes turbulences financières sur la croissance dans les pays industrialisés et émergents, et conséquemment sur la demande extérieure adressée aux pays de l'Union ».
Le communiqué final de cette rencontre renseigne que les membres du Comité ont, à cet égard, recommandé l'accélération dans la mise en oeuvre, par l'ensemble des Etats membres, des réformes économiques et des actions visant l'amélioration de l'environnement des affaires. De l'avis de cette instance de la Bceao, les efforts devraient porter prioritairement sur l'assainissement des finances publiques ainsi que sur la sécurité énergétique au sein de l'Union, avec le démarrage des projets dont les financements ont été accordés dans le cadre de l'Initiative Régionale pour l'Energie Durable (Ired) de l'Uemoa.
Le Comité de politique monétaire, dans son analyse, relève que les perspectives d'inflation dans un horizon de moyen terme, ressortent globalement favorables. En effet, il est attendu une lente décrue de l'inflation, en liaison avec le rétablissement des circuits de distribution en Côte d'Ivoire et la stabilisation des cours du pétrole. En moyenne sur le troisième trimestre 2011, fait-on remarquer, « la progression des prix serait de 3,6% contre 4,8% au deuxième trimestre 2011. Elle est projetée à 2,4% au dernier trimestre 2011. A l'horizon de 24 mois, l'inflation devrait rester en phase avec l'objectif de stabilité des prix dans l'Union ». Ainsi, devant cet état de fait, les membres du comité ont convenu de maintenir une vigilance constante dans le suivi de l'évolution des prix afin de prendre, si nécessaire, les mesures appropriées.
Bacary Dabo
Sud Quotidien/08/09/2011
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