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Mer, Déc

Gilbert Diendéré inculpé dans l'affaire Thomas Sankara

Société
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Justice et dossier Thomas Sankara au Burkina Faso - Le général Gilbert Diendéré, lieutenant et commandant en second du Centre national d'entrainement commando au moment de l'assassinat en 1987 du président Thomas Sankara, vient d'être inculpé pour 'complicité' dans l'assassinat de l'ancien Président du Burkina Faso.

Le Président Thomas Sankara, père de la révolution au Burkina Faso, avait perdu la vie avec douze autres personnes présentes à ses côtés le 15 octobre 1987 au moment des troubles ayant précédé le coup d'Etat qui avait porté Blaise Compaoré au pouvoir.

Depuis de nombreuses années, de nombreuses voix s'étaient élevées pour l'exhumation du corps de Thomas Sankara afin d'établir les circonstances exactes de son assassinat. Ce qui fut fait au mois de mai dernier.

Dans le sillage du général Gilbert Diendéré une dizaine d'autres personnes liées à cette affaire ont également été inculpées par la justice du Burkina Faso.

Pour sa tentative de coup d'Etat avorté, le général Gilbert Diendéré est présentement en détention à la Maison d'arrêt et de correction des armées. Il avait livré sa version des faits ayant conduit à l'assassinat de Thomas Sankara dans un livre écrit par Ludo Martens intitulé 'Sankara, Compaoré et la révolution burkinabè' : 'Nous savions que Sankara avait une réunion au Conseil à seize heures et nous avons décidé d'aller l'arrêter là-bas... Peu après seize heures, la Peugeot 205 de Sankara et une voiture de sa garde sont arrivées devant la porte du pavillon ; une deuxième voiture de la garde est allée stationner un peu plus loin. Nous avons encerclé les voitures. Sankara était en tenue de sport. Il tenait comme toujours son arme, un pistolet automatique, à la main. Il a immédiatement tiré et tué un des nôtres.

A ce moment, tous les hommes se sont déchaînés, tout le monde a fait feu et la situation a échappé à tout contrôle. Des personnes qui l'attendaient à l'intérieur du bâtiment sont venues à sa rencontre ; d'autres sont sorties quand elles ont entendu des coups de feu. Parmi ceux qui sont tombés, il y avait Patrice Zagré, un homme avec qui nous avons beaucoup travaillé et dont tout le monde a regretté la mort. Les gardes de corps de Sankara dans la deuxième voiture n'avaient pas réagi ; ils ont simplement été désarmés.'

Avec les conseils de son avocat, Me Mathieu Somé, l'ex-chef d’état-major particulier de la présidence et homme de confiance de l'ancien président Blaise Compaoré devra s’expliquer maintenant devant la justice de son pays sur son rôle dans la préparation et l’exécution du coup d’Etat du 15 octobre 1987.

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