06
Mar, Déc

Le racisme toujours présent en Afrique du Sud

Société
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Une vingtaine d'années après l'accès de Nelson Mandela à la Présidence de la République suite à des élections libres et crédibles, l'Afrique du Sud, ancienne terre d'Apartheid, est toujours gangrenée par le racisme.

Une augmentation du nombre d'incidents racistes a été enregistré, signe que l'Afrique du Sud est encore le théâtre de formes diverses et variées de racisme public et ouvert, source inévitable de tensions raciales et donc sociales.

Suite à la persistance des manifestations racistes à travers le pays, l'initiative d'un réseau de lutte contre le racisme a vue le jour grâce à l'association de deux fondations : la Nelson Mandela Foundation et la fondation de Ahmed Kathrad (co-détenu de Mandela à Robben Island).

Le ministère de la Justice et du Développement constitutionnel ainsi que la Fondation pour les droits de l'Homme se sont engagés à soutenir cette initiative.

Un dialogue sur le traumatisme et la thérapeutique avait été organisé la semaine dernière au Cap par l'Institut pour la justice et la réconciliation. L'objectif était de donner aux victimes d'atrocités sous l'ère Apartheid une tribune pour reparler de leur calvaire, revivre et partager leurs émotions plusieurs années après les faits.

Au cours de ce forum le juge Albie Sachs a ainsi expliqué comment il avait réussi à faire la paix avec son assaillant. Rappelons que Albie Sachs (avocat défenseur des victimes de l'Apartheid à l'époque) avait perdu un bras et un œil suite à l'explosion d'un colis piégé que Henri van der Westhuizen, un ex-policier lui avait adressé à Maputo, au Mozambique.

Pour rappel, Naspers, la plus grande maison de presse en Afrique (plus de 60 milliards de valeur marchande) avait présenté des excuses publiques sur son implication dans le soutien des politiques menées par les acteurs de l'Apartheid. Implication considérées par les Nations unies de crime contre l'humanité dans les années 1980.

Le groupe médiatique sud-africain a d'ailleurs été invité à mettre sur place un fonds d'aide et de soutien aux victimes de violations des droits de l'Homme pendant toute la période incriminée.

Lors de la célébration des 100 ans de Naspers le mois dernier au Cap, Esmare Weideman, son Président-directeur général avait déclaré : 'nous reconnaissons notre complicité avec un régime politique moralement indéfendable et comment elle a eu un impact nuisible dans nos salles de rédaction et salles de conférences'.

Toutes les initiatives sont les bienvenues pour que l'Afrique du Sud puisse se débarrasser de ses démons du passé pour aller de l'avant vers une société juste, équitable, égalitaire et victorieuse contre le racisme.

AfriqueJet