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Dim, Sep

Hissène Habré conduit de force au premier jour de son procès

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[Procès Hissène Habré - Mise à jour] Au milieu d'un important cordon de sécurité des Forces spéciales de l’administration pénitentiaire, l'ex-président était bien présent dans la salle d’audience du palais de justice de Dakar, au Sénégal à l'ouverture de son procès dès 10 heures ce lundi matin. La tête entouré d'un turban ne laissant apparaître que les yeux, Hissène Habré, tout de blanc vêtu, avait refusé de comparaître. Aujourd’hui âgé de 72 ans, et souffrant de problèmes cardiaques, l'homme a donc été conduit de force à la barre du tribunal des Chambres africaines extraordinaires (CAE).

Ce lundi 20 juillet 2015 marque le début du procès au Sénégal de Hissène Habré, ancien président tchadien accusé de crimes contre l'humanité, de tortures et de crimes de guerre perpétrés alors qu'il était au pouvoir entre 1982 et 1990. Destiné à mettre fin à l'impunité, ce procès s’efforcera de redonner espoir aux victimes de violations et de crimes de droits de l'Homme.

Pour la première fois dans l'histoire, un tribunal africain d'un Etat tiers jugera un ancien Président d'un autre Etat africain.

Sous très haute surveillance, les gendarmes assureront la sécurité des débats et deux scanners ainsi que deux portiques seront installés à l’entrée de la salle d'audience au Palais de justice de Dakar.

Après 25 ans d'attente, ce procès est à marquer d'une pierre blanche pour la justice au Tchad, sur le continent africain mais aussi pour les nombreuses victimes et familles de victimes de torture, d'arrestations arbitraires, d'exécutions et de disparitions forcées sous le régime Habré.

Entre 1982 et 1990, il y aurait eu près de 40.000 personnes victimes d'exécutions extrajudiciaires et de disparitions forcées du fait des forces de sécurité de Hissène Habré.

A noter que cinq autres hauts fonctionnaires de l'administration Habré sont mis en cause et devraient également être traduits devant la justice.

Idriss Déby Itno, Président en exercice au Tchad, était chef d'état-major de l'armée au moment des faits reprochés à Hissène Habré. Même s'il n'a pas été inculpé par les Chambres extraordinaires africaines (avec une compétence universelle et habilitées à juger un dirigeant d'un autre Etat pour violation des droits de l'Homme), Amnesty International n'écarte pas la possibilité que des massacres ont pu être commis par les troupes sous son commandement dans le Sud du pays en 1984.

Pour une justice équitable au procès Hissène Habré

Au moment où commence le procès de l'ancien Président Tchadien, des voix se font entendre pour réclamer une justice équitable qui respecterait les droits de l’accusé et ceux des victimes.

Se tenant plusieurs années après les faits, le but recherché par ces assises devrait être la recherche de la vérité, rien  que la vérité en évitant au maximum toute tentative de vengeance afin que le peuple Tchadien puisse tourner cette page horrible de son passé et se diriger vers un avenir unitaire et prospère.

L'origine de cette affaire remonte à la création d'une Commission d'enquête mise en place dès 1992 par le régime du président Idriss Déby Itno accusant le régime de Hissène Habré d'avoir fait 40.000 morts durant son règne en pratiquant systématiquement la torture.

Par la suite Hissène Habré avait été incarcéré fin juin 2013 à Dakar au Sénégal où il s'était réfugié depuis sa chute du pouvoir après le coup d’Etat réussi contre lui par Idriss Déby.

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