Manifestations au Sénégal - Ils ont ouvert les hostilités, hier. Les étudiants de l'Ucad étaient au front, pour venger la mort de leur condisciple, tué par le camion à eau chaude de la police. Ils réclament la tète de Wade et demandent à ce dernier, de quitter le pouvoir, le sang ayant trop coulé.
Les étudiants de l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar sont frustrés. En effet, suite au décès de leur camarade, Mamadou Diop, étudiant en master à la faculté de Lettres, ils réclament la tête de Wade. Pour les locataires du temple du savoir, il est aujourd'hui, plus que jamais, urgent que le père de Karim abandonne le pouvoir.
"Il n'est pas question qu'il se présente aux élections prochaines. Aussi, ne terminera-t-il pas le peu de temps qui lui reste au pouvoir", disent-ils en choeur. Ainsi, l'acte a failli être joint à la parole. Formant un bloc, un grand nombre de jeunes étudiants, des deux sexes, ont entamé une marche, destination le palais présidentiel. Seulement, à hauteur du Rond Point de la Médina, les gendarmes attendaient, armés jusqu'aux dents et réfractaires à toute avancée.
Rebrousser chemin
Les étudiants ont fini par rebrousser chemin, évitant les affrontements. "L'heure n'est pas aux affrontements mais, à la consolation de la famille de notre condisciple Mamadou Diop", peste Mansour Sarr, étudiant en licence. C'est sans doute, pour cela qu'ils ont pris le chemin qui mène à l'hôpital le Dantec, pour assister à la levée du corps de leur défunt camarade, entonnant, en choeur, le refrain : "Quitte le pouvoir, ne force pas, le sang a trop coulé". Hélas, ils n'arriveront pas à destination, stoppés net par des forces de l'ordre, opposées à toutes leurs initiatives.
Au retour, les hostilités ont repris. Ont-ils été forcés à y arriver ? A hauteur de l'hôtel le Relais, sur l'avenue Cheikh Anta Diop, ils coincent et brûlent un bus de Dakar DEM Dikk, paralysant ainsi, la circulation. Le mot d'ordre étant donné, l'objectif est de se battre, pour pousser Wade à bout. "Il sera contraint de démissionner, si tous les fils du pays meurent au front", dira un potache.
Prêts à tout
Aujourd'hui, le pays est sous surveillance totale. A chaque intersection, se trouvent, au moins, deux véhicules remplis d'hommes de tenues, prêts à tout. Pour rappel, depuis la validation de la candidature de Wade, le pays a connu de vives tensions. Avant-hier, le rassemblement de protestation du M23 a viré au vinaigre, engendrant un mort et plusieurs blessés.
Radio Netherlands Worldwide/03/02/2012
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