Education-Formation-Enseignement-Sénégal - Des denrées alimentaires pour 50 écoles coraniques. Le directeur de la Protection des droits de l'enfant était en tournée mardi dernier, dans l'arrondissement de Médina Sabakh, notamment à Ngayène Sabakh et Kaymor, des localités où il a visité des foyers religieux abritant des «daaras » pour leur remettre un important appui de l'Etat. Cette tournée, a déclaré Bassirou Kébé, entre dans le cadre du projet Education à la vie familiale dans les « daaras » et qui va conduire le directeur de la Protection des droits de l'enfant et ses collaborateurs dans une cinquantaine de «daaras» à travers le Sénégal.
Selon M. Kébé, il est, aujourd'hui, définitivement établi que le droit à une bonne alimentation est un droit fondamental dans la convention relative aux droits de l'enfant, tout comme le droit à une bonne santé et à une hygiène, participe à l'amélioration des conditions de leur vie.
Ainsi, cette tournée a été l'occasion, pour Bassirou Kébé, de discuter avec ces chefs religieux et maîtres coraniques pour les inciter à ce que les enfants soient mieux protégés, d'où la volonté manifestée par l'Etat, en première ligne le ministre d'Etat, ministre de la Famille et de la Femme, d'appuyer les «daaras» en riz, huile, sucre, tomate, eau de Javel, savon, nattes, etc.
Et le directeur de la Protection des droits de l'enfant de souligner que le président de la République tient beaucoup à certaines valeurs dont celles relatives à la religion, ce qui s'est traduit par une option, très tôt affirmée, à l'éducation, vue de manière générale.
«Tout est parti, selon lui, d'instructions fermes reçues des hautes autorités de ce pays, surtout le ministre d'Etat, Mme Ndèye Khady Diop, pour accompagner les enfants qui sont dans les « daaras » et qu'on appelle souvent «talibés».
Cette tournée a, ainsi, permis au directeur de la Protection des droits de l'enfant de constater qu'à Ngayène Sabakh et Kaymor, la mendicité des enfants n'est pas un phénomène.
Les « daaras » traditionnels de cette zone sont très respectueux des droits des enfants qui sont protégés et qui sont accompagnés malgré le manque de moyens auxquels les chefs religieux et maîtres coraniques sont confrontées.
« C'est la raison pour laquelle nous avons effectué cette visite pour les appuyer en denrées et autres produits, comme nous allons le faire dans les autres départements du Sénégal où les enfants ne mendient pas », a fait noter Bassirou Kébé.
Il affirme que sa direction a, aujourd'hui, comme tâche de faire de la prévention. Autrement dit, maintenir les enfants dans leur milieu d'origine, en aidant les maîtres coraniques à ne pas s'exiler vers les capitales régionales où les enfants talibés assurent la dépense quotidienne de ces derniers.
La tournée a, par ailleurs, été l'occasion pour la délégation de la direction de la Protection des droits de l'enfant de procéder à des démonstrations par rapport à l'utilisation des lave-mains et d'engager des discussions avec les maîtres coraniques et autres chefs religieux sur les enjeux de la politique du gouvernement en matière des droits de l'enfant.
En tout cas, la bataille est engagée par M. Kébé qui a affirmé que Nioro n'est pas le seul département concerné.
Déjà, la semaine dernière, a-t-il fait savoir, une délégation de sa direction s'est rendue à Louga pour poser des actes similaires, beaucoup de demandes ayant été enregistrées au sein du ministère de la Famille qui fera tout pour les satisfaire.
Mamadou Cissé
Le Soleil/23/03/2011
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