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Sénégal: La situation sénégalaise préoccupe

Politique - La Fondation pour la promotion des droits de l'homme et du développement en Afrique (FEPDHA) a organisé, le vendredi 3 février 2012 à Ouagadougou, un point de presse sur la situation des constitutions africaines, notamment celles du Sénégal et du Burkina Faso.

A peine les échanges introduits, le président du FEPDHA, Me Halidou Ouédraogo et le secrétaire exécutif de la section Burkina de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l'homme (RADDHO), Mathias Tankoano, principaux animateurs, ont déploré le « coup de force » constitutionnel du président sénégalais, Abdoulaye Wade.

Pire, les deux défenseurs des droits de l'homme se sont inquiétés des manoeuvres vis-à-vis des activistes des droits de l'homme, évoquant notamment le cas du coordonnateur du mouvement M23, Alioune Tine, par ailleurs secrétaire exécutif de la RADDHO, section du Sénégal.

Ce défenseur des droits de l'homme opposé, avec ses camarades, une troisième candidature de Me Wade à la Présidentielle sénégalaise, a été emprisonné, suite aux manifestations nées de la validation par le Conseil constitutionnel.

« Le pouvoir de Wade veut liquider la RADDHO, par tous les moyens, mais cela n'ébranle pas la coalition », a regretté le secrétaire exécutif de la RADDHO-Burkina, Mathias Tankoano.

Là-dessus, le président de la FEPDHA, Halidou Ouédraogo, a affirmé que Wade a un devoir de reconnaissance envers la RADDHO qui l'avait soutenu, quand il avait été incarcéré en tant qu'opposant.

L'actualité politique sénégalaise a vraiment été au coeur du point de presse, tant les journalistes ont beaucoup interpellé ses animateurs sur la question. Comment peut-on interpréter le rejet de la candidature de l'artiste Youssouf N'Dour à la présidentielle sénégalaise ?

Quel avenir pour le Sénégal, si toutefois Wade réussissait à se faire réélire pour un troisième mandat ? Ce sont, entre autres préoccupations, qui ont été soumises aux animateurs de la rencontre.

Au sujet du rejet de la candidature de Youssouf N'Dour, le secrétaire exécutif de la RADDHO-Burkina a soutenu : « C'était l'opposant le plus facile à disqualifier, car n'ayant pas de parti politique. N'oublions pas qu'il n'a pas été retenu, à cause du nombre de signatures à rassembler ».

Pour ce qui est de l'avenir du pays de la Téranga, il le voit « dramatique », car jusque-là, la démocratie sénégalaise a toujours été une référence en Afrique.

Outre l'actualité politique sénégalaise, la question de l'article 37 de la Constitution burkinabè portant sur la limitation des mandats a été abordée par les animateurs du point de presse.

A propos, pour Me Halidou Ouédraogo : « Il faut garder l'article 37 en l'état. Il faut le sacraliser et le ramener si possible à un mandat de 4 ans renouvelable une fois comme aux Etats-Unis.

Cela permettrait l'alternance ». A la lumière des situations constitutionnelles dans les deux pays cités, les hommes des médias ont soulevé d'autres préoccupations.

Que faut-il penser des modifications des constitutions en Afrique et que doit-on faire pour garantir leur stabilité ? « Nous ne sommes pas contre les réformes de constitutions, seulement elles doivent renforcer la démocratie et non l'affaiblir », a répondu le président de la FEPDHA.

Pour lui, l'on peut obtenir la stabilité des constitutions africaines, en se dotant d'institutions fortes. Les deux animateurs de la conférence de presse ont également été invités à se prononcer sur la nomination des juges constitutionnels.

En la matière, ils ont trouvé qu'il y a toujours eu des complaisances et que la désignation des membres des conseils constitutionnels doit se faire en toute indépendance.

De l'avis du président de la FEPDHA : « Ce qui se passe actuellement sur le continent est un problème de civisme. Nous sommes à la croisée des chemins. Et la presse, tout comme les autres acteurs, a un rôle à jouer pour faire changer les choses  ».

Par Kader Patrick Karantao

Sidwaya/07/02/2012