SECURITE - Payement des rançons - La Mauritanie s'aligne sur la position algérienne. La Mauritanie a appelé hier à ne pas payer de rançons pour faire libérer les otages européens détenus dans le Sahel par la branche maghrébine d'Al-Qaïda. Cette position, qui a été exprimée lors d'une réunion à Nouakchott des ministres de la Défense de dix pays d'Europe du Sud et d'Afrique du Nord, s'aligne ainsi sur celle de l'Algérie, qui a eu à la réitérer à maintes reprises.
«Je demande à tous de travailler pour le tarissement des sources du terrorisme et d'acculer les preneurs d'otages dans leurs derniers retranchements en s'abstenant de payer des rançons», a déclaré Ahmedou Ould Idey, ministre mauritanien de la Défense, à l'ouverture de cette réunion, rapportent les agences. La réunion en question réunit les ministres de la Défense du groupe «5+5» du pourtour méditerranéen : l'Espagne, la France, l'Italie, Malte et le Portugal pour l'Europe du Sud, et l'Algérie, la Libye, la Tunisie, le Maroc et la Mauritanie pour l'Afrique du Nord.
La rencontre est la première du genre, faut-il le rappeler, depuis les changements de régime dans deux des pays du groupe - Libye et Tunisie -et la victoire des islamistes aux législatives de novembre au Maroc. Oussama Jouili, nouveau ministre libyen de la Défense, a été salué par ses pairs à l'ouverture de la rencontre. Hier, les ministres réunis dans la capitale mauritanienne ont évoqué les moyens de renforcer la lutte contre l'insécurité dans le Sahel provoquée par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), qui y a récemment multiplié les enlèvements, et la prolifération d'armes issues du récent conflit libyen.
Au total, douze Européens, dont six Français, sont retenus en otage dans le Sahel par Aqmi et un groupe dissident. «Nous gardons, par tous moyens appropriés, le maximum de canaux d'informations et, le cas échéant, de négociations», a déclaré Gérard Longuet, ministre français de la Défense, avant la rencontre et les propos de son homologue mauritanien. «Cela n'interdit pas de porter un jugement définitif sur les gens qui prennent des otages, mais le principe de vérité s'impose. Nous souhaitons d'abord les récupérer», a-t-il ajouté, rapporte l'AFP.
Au-delà des activités d'Aqmi dans la région du Sahel, la révolution libyenne a provoqué le retour au Mali et au Niger de centaines d'hommes lourdement armés, essentiellement des Touareg qui avaient combattu aux côtés des forces de Mouammar Kadhafi, accentuant l'instabilité dans le Sahel. Ahmedou Ould Idey a réaffirmé la détermination de la Mauritanie à faire face «aux défis sécuritaires dans la région», rappelant que «sa stratégie de frappes préventives et de renforcement des capacités de son armée ont porté leurs fruits».
Le ministre de la Défense français, Gérard Longuet, a salué, quant à lui, «le sens de la responsabilité de la Mauritanie» qui a mené depuis 2010 des raids contre des bases d'Aqmi dans le nord du Mali, réaffirmant qu'elle pouvait compter sur «le soutien» de Paris. Selon lui, la sécurité dans le Sahel est avant tout «l'affaire des Etats» de la région. «La France n'est pas acteur, elle n'a pas de responsabilité directe. Elle souhaite que les pays concernés, riverains, s'engagent, et ne peut pas le faire en leurs lieu et place», a-t-il affirmé.«Cependant, a-t-il ajouté, s'ils ont le sentiment que nous pouvons leur être utiles et s'ils nous adressent des demandes précises, naturellement nous les examinerons.»
La réunion de Nouakchott, soulignons-le enfin, intervient quelques heures après la revendication par Aqmi de l'enlèvement de cinq otages européens (deux Français, un Sud-Africain ayant aussi la nationalité britannique, un Suédois et un Néerlandais), les 24 et 25 novembre, à Hombori et Tombouctou, dans le Nord du Mali.
Mekioussa Chekir
La Tribune/12/12/2011
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