RD Congo - Conformément à loi Obama sur les minerais de sang, des sociétés étrangères qui achètent les minerais dans l'Est de la RDC mettent fin à leurs activités d'achat, à dater du hier vendredi 1er avril 2011. Certaines sociétés internationales opérant dans l'électronique se conviennent de ne plus acheter les minerais de l'Est de la RDC, du moins des minerais extraits dans des zones où opèrent des groupes armés. Cette situation semble ne pas arranger les populations locales de l'Est, particulièrement celles qui exploitent les minerais. La décision des multinationales suspendant l'achat des minerais de l'Est est relative à la loi Obama sur les minerais de sang. Cette loi interdit l'achat des matières premières produites dans des zones de conflits armés. Elle entre en vigueur en date du 1er janvier 2012. Mais pour les multinationales, elles préfèrent déjà l'appliquer à dater du vendredi 1er avril 2011.
Cette décision des multinationales inquiète les acteurs de la Société civile ainsi que des opérateurs économiques de la province du Nord-Kivu. C'est ce qui justifie la sollicitation par la Société civile du Nord-Kivu, d'un moratoire. « Dans une lettre adressée au président américain, la coordination de la Société civile du Nord-Kivu sollicite un moratoire de 6 à 12 mois, afin de permettre à la RDC de se conformer aux mesures de contrôle qu'exige la loi Obama », renseigne radiookapi.net. Il faut noter que la loi Obama appelée également «Financial reform act», oblige les entreprises à publier leurs revenus ainsi que les paiements fiscaux qu'elles effectuent auprès des gouvernements du monde entier.
Pour le président de la Société civile du Nord-Kivu, Jason Luneno, l'application de la loi Obama au 1er avril 2011 risque de plonger les populations de la région dans la misère. Par ailleurs, Jason Luneno estime que l'application de cette loi ne pourra, en aucun cas, empêcher la fraude. «On va toujours continuer à écouler les minerais de façon clandestine, au profit de certains pays qui pourront étiqueter ces minerais. Ce qui pourrait donner leurs identités aux minerais, sans que ceux-ci ne puissent porter l'identité de la RDC», a-t-il déclaré à la radio onusienne.
Certaines ONG locales encouragent par contre, la décision des multinationales. Cerdho, une ONG des droits de l'Homme du Nord-Kivu, - Mineurs d'or artisanal près de Lubero, Nord-Kivu, 2005. Radio Okapi soutient l'application immédiate de cette loi. Selon cette organisaion, les opérateurs économiques et le gouvernement doivent s'assurer que l'exploitation des minerais ne contribue pas à financer les groupes armés.
Selon le président de cette ONG, Delly Mawazo, il faut assainir le système d'exploitation des minerais. Sinon, poursuit-il, le gros des investissements et l'essentiel de revenus risquent de se retrouver entre les mains des groupes armés. Delly Mawazo estime que la loi Obama est la bienvenue pour assainir le secteur minier congolais.
Les opérateurs économiques du Nord-Kivu redoutent aussi l'application de la loi Obama. Ils affirment détenir une marchandise estimée à plus de 30 millions USD suite à la suspension des activités minières en 2010. Ils craignent ne pas pouvoir écouler ces produits qui pourraient être assimilés, «à tort », à des minerais du sang.
Olivier Kaforo
Le Potentiel
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