Politique - Contrairement à l'élection présidentielle du 28 novembre 2011, les législatives déroulées le même jour, sont loin de livrer leur épilogue. La Cour suprême ne s'est pas encore prononcée sur les 500 recours en annulation déposés auprès d'elle, que les députés se sont réunis en session extraordinaire, le 16 février 2012. A l'occasion, 350 élus ont répondu présent, quand les 132 autres, quasiment les abonnés absents, n'ont fait montre, pour la plupart, d'aucune gêne pour expliquer leur attitude.
Dans leur rang, les députés de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), au nombre de 40, ont préféré répondre à l'appel de l'Eglise catholique qui appelait, dans la foulée, à une marche pacifique pour revendiquer la vérité des urnes. Cependant, il y en a un qui a ramé contre la position officielle de son parti.
Lui, c'est l'un des doyens du marigot politique congolais, Timothée Kombo, âgé de 78 ans. Seul représentant de l'UDPS à l'Assemblée nationale (AN), tel une antilope prise dans une meute d'hyènes, l'homme a eu la baraka en leur volant la vedette, grâce aux dispositions constitutionnelles. Et il a été porté à la tête de la présidence provisoire de la Chambre.
On comprend qu'il ait aussitôt voulu donner des leçons à tous, sauf à personne, en déclarant : « les Congolais qui nous ont élus attendent de nous des changements dans notre manière de nous comporter, dans notre manière d'agir, dans notre manière de servir l'Etat ». Avec une telle sortie, l'honorable démontre qu'on ne peut pas être proche du graal et continuer à s'enfermer dans le créneau du boycottage.
Il semble exprimer son ras-le-bol de la politique de la chaise vide, amèrement expérimentée lors des scrutins de 2006. Il faut alors dire qu'il est opposé à la scélérate règle de bâillonnement du parti de l'intérieur.
D'où le fait qu'il ait enjambé les positions officielles de l'UDPS pour aller trôner à l'Assemblée nationale. Cette posture qui a entraîené la réaction immédiate de son parti, a débouché sur son exclusion.
De sorte qu'on se demande si le maniement du bâton va suffire à ramener le calme et remettre, de fait, l'UDPS en ordre de marche derrière l'increvable militant, Etienne Tshisékedi.
Pas si sûr, dans la mesure où des voix, de plus en plus insistantes, invitent le président du parti à se prononcer sur la condamnation de M. Kombo.
On sait aussi que si M. Tshisékedi, obligé à des contorsions, devait s'affirmer, il n'hésiterait pas à lâcher son vieux compagnon de route qu'il dépasse seulement d'un an pour des principes idéologiques.
Cette posture pourrait contribuer à fragiliser l'opposition politique en ce sens qu'encouragés par la loi qui autorise un élu radié de sa formation politique, à jouir de l'intégralité de son mandat tant qu'il n'aura pas changé d'étiquette politique, des mandatés et non des moindres pourraient prendre fait et cause pour le provisoire président de l'Assemblée nationale.
Cela risque de susciter une redoutable allergie mutuelle - entre les députés, les déçus et la direction du parti - consacrée par le départ de certains d'entre les premiers et leurs soutiens.
Si les faits évoluaient dans cette dynamique, on dira que les rêves de l'UDPS ont viré au cauchemar, non du fait des coups de griffes du régime en place, mais de la gloutonnerie du pouvoir et de l'argent de certains de ses enfants. Il serait cependant, injuste d'imputer la responsabilité à un groupe.
Tous, autant qu'ils sont, auraient des implications, à des degrés divers, dans la descente aux enfers du mouvement. M. Tshisékedi gagnerait à déployer des stratégies de redressement des mentalités, à travers un dialogue consensuel. En cela, il devrait aguicher les élus en les brossant dans le sens des poils.
On ne lui demande pas de flancher ou du moins de se sacrifier, mais tout simplement, de penser à l'intérêt de chacun, du parti et du peuple. La question qui subsiste est de savoir si cela réside dans la participation des élus de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) à la nouvelle Assemblée nationale.
Par Adama Bayala
Sidwaya/21/02/2012
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