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Mer, Déc

Gilbert Diendéré au pouvoir au Burkina Faso

Politique
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Le général Gibert Diendéré, un proche de Blaise Compaoré et homme fort du Régiment de Sécurité Présidentielle (RCP), a pris le pouvoir. Il a été promulgué président du Conseil National pour la Démocratie. Michel Kafando, président de la transition et les membres de son gouvernement dont le premier ministre, Isaac Zida ont été pris en otage.

En 2014, une insurrection populaire avait renversé le président Blaise Compaoré. Le gouvernement de transition, peu de temps avant l’échéance de son programme de transition politique, était en train d’organiser, pour le 11 octobre, des élections quand des militaires ont fait un coup d’état.

La junte militaire argue que « la loi électorale, taillée sur mesure pour des individus et décriée par les instances et les hommes de droit, se dresse alors comme un outil de négation des valeurs de notre peuple, fondées sur l’esprit de justice, d’équité et de tolérance ».

Tension au maximum et déjà deux morts

De 19h à 6h, le couvre-feu règne. Par ailleurs, les frontières, sur terre et dans les airs, ont été fermés par les militaires qui ont initié ce putsch. A Ouagadougou, la ville est désertée. Les commerces sont fermés. Des manifestations, en rapport avec ces évènements, ont été dispersées par des coups de feu à l’initiative des militaires qui ont pris le pouvoir.

Un premier mort aurait été constaté mercredi alors que les manifestants faisaient route vers l’endroit où sont enfermés Michel Kafando et son gouvernement. Aujourd’hui-même, en centre ville, un jeune homme aurait été tué par balles par des soldats. Et d’autres témoignages laissent à penser qu’il y aurait eu une troisième victime dans un quartier populaire de la capitale.

En outre, des journalistes n’ont pas eu la possibilité de faire ce qui est leur travail et certains émetteurs de médias ont été interrompus. Tous ces évènements ont eu lieu en dépit de l’incitation du Conseil de Sécurité de l’ONU à éviter toute violence de part et d’autre.

Un coup d’état fortement condamné

A l’intérieur même du pays par les manifestations mentionnées, en Afrique et sur la scène internationale, ce coup d’état a été fermement condamné.

Zéphirin Diabré, candidat aux élections du 11 octobre et ex-chef de file de l’opposition a condamné ce putsch et a encouragé ses sympathisants et la population à se mobiliser au secours de la démocratie. Il a dénoncé la situation : « l’Union pour le progrès et le changement (UPC) a d’abord condamné la prise d’otage des institutions par le Régiment de sécurité présidentielle et exigé leur libération. Récemment, l’on apprend que les militaires ont pris de force le pouvoir ».

De leur côté, l’Union africaine, l’Onu et la CEDEAO qui ont demandé d’une seule voix que Michel Kafando et d’Isaac Zida soient, sans délai, remis en liberté.

Enfin, les États-Unis ont eux-aussi fait part, par l’intermédiaire du Département d’État, de leur forte préoccupation face à cette prise en otage du gouvernement de transition et de leur condamnation sans merci des évènements : « les Etats-Unis condamnent fermement toute tentative de s'emparer du pouvoir par des moyens extra-constitutionnels ou de résoudre les désaccords politiques internes  par l'usage de la force. Nous demandons une fin immédiate de la violence, invitons les militaires impliqués à retourner à leur mission première et réaffirmons notre soutien sans faille au gouvernement civil de transition pour la poursuite de son travail de préparation d'élections libres, justes et crédibles pour le 11 octobre ».

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