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Réparations aux victimes des actes politiques au Togo

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POLITIQUE - Le Haut-Commissariat à la réconciliation et au renforcement de l'unité nationale (Hcrrun), créé en août 2013 pour opérationnaliser les dossiers des victimes des actes politiques au Togo depuis les années d'indépendance jusqu'à 2005, a lancé ce vendredi à Lomé, la phase de réparation des victimes, a constaté la PANA.

'La présente cérémonie est un parfait témoignage de notre absolue volonté d'emprunter la voie des standards de cette justice transitionnelle restauratrice', a déclaré le Premier ministre togolais, Komi Sélom Klassou, lors de la cérémonie d'ouverture,  ajoutant que 'le processus qui démarre aujourd'hui se matérialisera notamment dans les prochains jours par l'indemnisation progressive des dommages subis par les uns et les autres.

Le processus concernera les victimes directes, les proches parents, les personnes à charge ou toute autre personne ou groupe de personnes ayant un lien avec les victimes directes recensées par la Cvjr' (Ndlr: la Commission Vérité justice et réconciliation (Cvjr) avait statué sur ces questions et a transmis au Hcrrun ses conclusions dans un Livre blanc qui recommande les réparations et indemnisations des victimes d'actes politiques au Togo de 1958 à 2005).

Le gouvernement a mobilisé, à cet effet, un montant de deux milliards de F CFA pour démarrer les réparations. Ce fonds spécial créé et annoncé lors du conseil des ministres de jeudi (23 mars dernier), va permettre de débuter les indemnisations des victimes d'actes à caractère politique de 1958 à 2005.

Une série d'activités sont prévues pour cette phase, notamment une tournée d'information et d'échange avec les populations et les victimes afin de recueillir leur adhésion et accompagnement au processus de réconciliation; l'information sur le concept de réparation et sur la nature symbolique des réparations en justice transitionnelle; l'organisation des cérémonies de purification sur toute l'étendue du territoire; les indemnisations proprement dites.

En rappel, suite aux violences ayant émaillé l'élection de Faure Gnassingbé en 2005, après la mort de son père, feu Président Eyadéma, l'on a dénombré au moins 500 morts et des milliers de blessés, selon une enquête de l'Onu.

Ainsi, il a été créé le 25 mai 2009 et mise en place le 29 mai de la même année, la Commission vérité justice et réconciliation(Cvjr) qui a eu pour mandat d'enquêter sur les violences  politiques qui ont émaillé la vie socio-politique du Togo de 1958 à 2005 et de 'proposer des mesures susceptibles de favoriser le pardon et la réconciliation nationale'.

Cette institution a remis en août 2012 au président de la République, Faure Essozimna Gnassingbé, le Livre Blanc, avec pour objectif de permettre au pouvoir d'élaborer un programme de réparation en faveur des victimes, rappelle-t-on.

Le gouvernement a alors créé, en 2013, le  Haut-Commissariat à la réconciliation et au renforcement de l'unité nationale (Hrrun) pour opérationnaliser les recommandations de la Cvjr.

PanaPress 25/03/2017