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Mer, Déc

Gabon: des bulletins de vote brûlés avant le recomptage ?

Politique
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Tous les bulletins de vote ayant servi à exprimer le choix des électeurs Gabonais lors de l'élection présidentielle qui s'est déroulée le 27 août dernier auraient été immédiatement brûlés après le scrutin. C'est du moins l'annonce qui aurait été faite par certaines autorités du pays, notamment l'ambassadeur du Gabon aux États-Unis Monsieur Michael Moussa-Adamo dans une interview accordée à Foreign Policy.

Selon lui, le fait que les bulletins de vote de la présidentielle soient brûlés ne serait pas une surprise dans la mesure où dans chaque bureau de vote les résultats sont lus ouvertement devant tout le monde (membres de l'opposition et partis au pouvoir) suivi de la signature d'une feuille de pointage après quoi les bulletins de vote réels sont brûlés en présence de toutes les parties.

Par ailleurs, Monsieur Michael Moussa-Adamo a tenu à préciser que suite à la requête de l'opposition Gabonaise devant la Cour constitutionnelle, cette dernière ne saurait recompter les voix : 'il s'agit plutôt d'un examen et d'une tabulation plutôt qu'un vrai recomptage, ... Un recomptage effectif des votes individuels serait impossible'.

Quant au porte parole du président Ali Bongo Ondimba, Monsieur Alain-Claude Bilie Bi Nze, il avait déclaré dans la journée du mercredi que 'si Jean Ping franchit la ligne (rouge), il sera arrêté' après l'annonce de la décision de la Cour constitutionnelle.

Pour rappel, le gouvernement Gabonais avait annoncé cette semaine que les votes de l'élection présidentielle controversée du mois dernier seraient recomptés par la Cour constitutionnelle du pays suite à une requête du candidat perdant de l'opposition distancé seulement de 5594 voix par le candidat sortant Ali Bongo Ondimba.

La nouvelle posture des autorités Gabonaises va quasiment à l'opposé du lueur d'apaisement ressenti en début de semaine puisqu'elles menacent à présent Monsieur Ping d'arrestation en cas de nouvelles manifestations suivies de violences dans le pays.

L'ambassadeur du Gabon aux États-Unis va même plus loin en déclarant dans son interview à Foreign Policy que l'opposition et son candidat Jean Ping avaient pour objectif inavoué de créer le chaos afin que la communauté internationale intervienne pour gouverner le pays.