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Sam, Sep

Situation au Gabon : la présidentielle marquée par une évidente anomalie

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Actualité au Gabon jeudi  8 septembre 2016 - La chef de la Mission européenne d'observation électorale au Gabon, Madame Mariya Gabriel, a déclaré que l'élection présidentielle au Gabon a été marquée par 'une évidente anomalie'. Les observateurs pointent particulièrement du doigt le taux de participation de 99,93% des électeurs dans le Haut-Ogooué, province d'origine de l'ethnie téké à laquelle appartient la famille Bongo.

Mercredi 7 septembre 20016: vers une grève générale ? - Ali Bongo s'est déclaré serein face à la crise politique qui s'est installée au Gabon tout en assurant que le chaos ne s'installera pas dans le pays. En réaction à l'appel à la grève générale lancé par son adversaire Jean Ping, le Président autoproclamé a tenu à souligner la singularité de cette méthode de protestation politique qui ne lui paraît pas démocratique.

Lundi 5 septembre 2016 - Alors que le Premier ministre Daniel Ona Ondo invitait dès vendredi les Gabonais à reprendre le travail, l'opposition demande plutôt aux travailleurs de rester chez eux. Il s'agirait de la part de l'opposition d'un moyen non seulement d'obliger le pouvoir à effectuer le recomptage des voix bureau de vote par bureau de vote, mais aussi de protéger les populations de l'insécurité qui règne depuis l'annonce des résultats.

Dimanche 4 septembre 2016 - A ce jour aucune solution ne semble être trouvée pour sortir le Gabon du bras de fer entre le Président sortant Ali Bongo Ondimba et son adversaire Jean Ping, tous les deux auto proclamés Président de la République. Le bilan des troubles post-électoraux se serait alourdit de deux nouveaux morts (un policier et un civil). Depuis mercredi soir la capitale Libreville serait dépourvu de toute connexion internet et le bilan des décès aurait été porté à 7 morts à travers tout le pays.

Il faut souligner que le recomptage des voix bureau par bureau demandé par l'Union européenne et la France a été refusé par le Gouvernement au motif qu'une telle démarche n'est pas prévue par le code électoral gabonais.

Suite de l'annonce officielle des résultats de l'élection présidentielle du 27 août dernier au Gabon, la situation politique du pays est devenue chaotique et préoccupante suscitant l'inquiétude de la communauté internationale. Selon les résultats officiels, Ali Bongo aurait été réélu avec 49,80% des voix contre 48,23% pour son adversaire Jean Ping.

L'OCI (Organisation pour la coopération islamique) a exprimé sa profonde inquiétude après les actes de violence survenus à Libreville la capitale et dans d'autres villes du pays. Iyad Amine Madani, son Secrétaire Général, a lancé un appel à tous les acteurs politiques Gabonais pour qu'ils fassent preuve de retenue afin d'éviter des actes de violence de nature à bafouer la loi et à menacer la démocratie.

L'Organisation pour la coopération islamique exhorte l'opposition, si elle s'estime lésée, à se prévaloir des moyens légaux et constitutionnels pour contester les résultats de l'élection présidentielle.

Iyad Amine Madani a rappelé 'à l'opposition et au pouvoir l'importance de la protection des intérêts vitaux du pays et d'éviter de provoquer un état de blocage politique susceptible de saper l'unité, la paix et la stabilité au Gabon'.

Des résultats 'très peu crédibles'

Selon le chef de la délégation des observateurs du Parlement européen au Gabon Monsieur Jo Leinen, les résultats de l'élection présidentielle Gabonaise 'sont très peu crédibles'. Il a par ailleurs ajouté que 'dans la plupart des bureaux de vote visités par les observateurs européens, le président sortant Ali Bongo n'a pu recueillir qu'une minorité des voix'.

Le Président sortant Ali Bongo aurait été 'battu dans toutes les provinces sauf dans celle dont il est originaire' selon un fonctionnaire européen sous le couvert de l'anonymat.

La délégation des observateurs du Parlement européen souligne que 'le manque de transparence de la centralisation des votes, crée de gros doutes sur l'acceptation du résultat final, communiqué par la Cenap' mais aussi que 'l'intégrité du vote du peuple gabonais ne soit pas garantie, surtout au vu de la forte participation des Gabonais à ce scrutin'.