Pêche industrielle démersale - Il est interdit de pratiquer la pêche industrielle démersale du 1er septembre au 31 octobre prochain. C'est l'arrêté pris depuis hier par le ministre de l'Economie maritime, Khouraïchi Thiam. Cette mesure entre dans le cadre de la politique de conservation et de gestion durable des ressources halieutiques. Selon le communiqué transmis par le ministère de l'Economie maritime, les armateurs de la pêche industrielle sont tous informés de cette période de repos biologique de deux mois par lettre circulaire, en date du 08 août. Pendant toute la durée de la période annuelle de fermeture temporaire, il est interdit à tout navire de pêche concerné de procéder à toute opération de pêche. Il est aussi défendu des opérations connexes de pêche, telles que définies aux articles 4 et 5 de la loi 98-32 portant Code de la pêche maritime.
Des exceptions seront tolérées sous réserve de la détention d'une licence de pêche démersale dûment justifiée, en cours de validité, qui donne accès aux eaux sous juridiction d'un autre pays.
Les navires concernés pourront avoir le droit de débarquer les espèces visées dans le présent arrêté, après autorisation du ministre chargé de la pêche. Ils doivent en outre prouver qu'ils ont effectivement pêché dans les eaux du pays dont ils détiennent la licence.
Tout navire, concerné qui violera cette interdiction sur le repos biologique, sera punie conformément aux dispositions de l'article 85 de la loi 98-32 portant Code de la pêche maritime. Les sanctions peuvent aller jusqu'au retrait et/ou refus de renouvellement de la licence.
Cependant, l'application de ce repos biologique pose un certain nombre de problèmes au niveau du Groupement des armateurs et industriels de la pêche au Sénégal (Gaipes). Il a, à travers une lettre adressée au ministre de la Pêche, datée du 29 juillet dernier, demandé une suspension du repos biologique.
Ces derniers craignent en effet que certaines incohérences de la mesure risquent d'annihiler son efficacité et de réduire ainsi sa chance d'atteindre ses objectifs. Les faiblesses dont ils ont fait part au ministre en charge du secteur, sont essentiellement liées à l'exclusion de son champ d'application de la pêche artisanale qui, selon eux, débarque deux fois plus de captures démersales que la pêche industrielle du fait de l'absence de sensibilisation et de mesures d'accompagnement.
L'arrêt définitif de la majorité des chalutiers dont le nombre s'est considérablement réduit avec l'impact du coût du gasoil ces dernières années constitue, également, un autre problème.
C'est pourquoi, les armateurs pensent que l'appréhension des conséquences de ces deux phénomènes, à priori contradictoires, sur les ressources démersales, nécessite une évaluation de cette mesure appliquée mécaniquement depuis 8 ans.
Fatou K. Sene
Wal Fadjri/09/08/2011
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