Lagos, Nigeria - 'Le Nigeria est au bord de l'effondrement et doit être sauvé', ont estimé d'éminents citoyens nigérians, à l'issue d'une réunion sur la situation du pays lundi à Lagos, rapporte la presse locale.
Issus des six zones géopolitiques du pays, ces citoyens, parmi lesquels figurent des hommes politiques, des avocats, des activistes, des responsables religieux et des universitaires ont unanimement condamné la corruption, l'insécurité, le mauvais état des infrastructures et l'incapacité des gouvernements successifs à développer ce pays.
Ils ont tous convenu que le Nigeria devait trouver, de toute urgence, la recette pour améliorer le sort de sa population, dont 70 pour cent vit sous le seuil de pauvreté.
Toutefois, ils sont divisés sur la méthode de 'sauvetage du bateau qui coule'.
Alors que certains préconisent la tenue d'une Conférence nationale souveraine (SNC) pour restructurer le pays en un vrai Etat fédéral, d'autres estiment qu'une Conférence nationale suffit.
D'autres encore craignent qu'un dialogue national ne débouche sur la désintégration du pays.
Parmi les personnalités présentes à la première session de la réunion des 'Eminents leaders nationaux sur le dialogue', organisée par le National Summit Group (NSG), figurent les anciens gouverneurs Alhaji Balarabe Musa, Chief Chukwuemeka Ezeife et Obong Victor Attah, ainsi que plusieurs autres personnalités.
Modérée par le professeur Pat Utomi, ancien candidat à la présidentielle, la réunion était tendue et chargée d'émotions, alors que les intervenants déploraient à tour de rôle la situation déplorable et fragile de leur pays.
Dans son mot de bienvenue, le Pr Utomi a fait part aux délégués de sa tristesse car le Nigeria est une fois de plus au bord du précipice comme en 1967.
“J'attire votre attention sur nos différences qui peuvent être gérées aisément. Nous devons surmonter ces défis. Nous devons régler la question du pouvoir. Ailleurs, le contrôle et l'équilibre sont les premiers attributs de la gouvernance. Nous devons chercher ensemble le moyen d'amener les Nigérians à demander des comptes aux détenteurs du pouvoir à tout moment car le pouvoir corrompt et le pouvoir absolu corrompt absolument'.
“Nos gouverneurs ne s'acquittent pas bien de leurs fonctions à cause du système. Nous devons restructurer le pays pour donner des moyens aux entités fédérées laissant peu de responsabilités au pouvoir central. Si l'Assemblée nationale tire des avantages du système, ce ne seront certainement pas eux qui vont changer les choses. Nous avons besoin d'un pays où le coût de la gouvernance est faible et où nos dirigeants serviront leur pays mais ne seront pas servis'.
Estimant que le Nigeria est sur le point de s'effondrer, l'ancien gouverneur Musa a rappelé que les leaders de la période d'avant indépendance, de la Première et la Deuxième Républiques étaient plus patriotes et responsables que les leaders actuels, même s'ils étaient féodaux et autocrates.
“Aujourd'hui, en dépit de nos richesses, nous sommes parmi les plus pauvres du monde. Nous sommes dévorés par les ressentiments et les querelles. Notre responsabilité ici est de continuer le processus pour renverser la situation d'une situation négative à une situation où il y a de l'espoir comme quand nous avions commencé dans les années 1960'.
Pour l'ancien homme d'Etat et responsable Ijaw, Chief Edwin Clark, le Nigeria a commencé à dérailler quand les leaders ont abandonné le vrai fédéralisme.
“En 1958, nous étions tous d'accord pour avoir une fédération. Les leaders des trois régions ont convenu que nous devrions être une fédération où tous les citoyens sont égaux mais aujourd'hui, certains groupes sont au pouvoir, nous avons des citoyens de première et de deuxième zones. En 1953, nous étions d'accord que 50 pour cent des ressources produites dans une région devaient rester dans cette région et que chaque région se développe à son propre rythme. Mais aujourd'hui, nous avons 36 Etats où certains Etats maintiennent vers le bas ceux qui veulent se développer. Nous devons nous asseoir pour discuter des bases de notre vivre ensemble'.
Concernant la sécurité, le célèbre avocat Mike Ozekhome (SAN) a jugé que la menace que représente Boko Haram, les rebelles du Delta du Niger et le Congrès des peuples Oodua (OPC), entre autres, était le symptôme des problèmes de ce pays, qui ne peuvent être réglés qu'à travers le dialogue, qu'il soit souverain ou autre.
Toute autre voie équivaudrait à 'traiter la lèpre avec des médicaments contre l'eczéma'.
Le Prix Nobel de littérature, Woley Soyinka, Alhaji Maitama Sule, Alhaji Adamu Ciroma, le juge à la retraite Alfa Belgore, le Conseiller national à la sécurité (NSA), le général à la retraite Owoye Azazi, qui n'ont pas pu prendre part à la réunion, ont envoyé des messages de solidarité pour soutenir le dialogue et exhorter les Nigérians à participer à la tenue d'une Conférence nationale.
Pana 08/02/2012
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