Madagascar - Y a-t-il deux poids deux mesures ou l'administration a tout simplement échoué dans la mise en oeuvre de son mécanisme de prix à deux vitesses, censé privilégier les transporteurs ? «Et nous, l'Etat a-t-il pensé à nous ?». C'est la question que se sont posées les transporteurs urbains et aussi régionaux après la décision de l'Etat d'accepter d'augmenter les prix des produits pétroliers. Une augmentation estimée à Ariary 50 par litre pour tous les produits. Ces opérateurs économiques se sentent en effet lésés parce qu'eux aussi, ils avaient déjà en tête depuis un moment l'idée de revoir à la hausse les tarifs des transports mais pour l'intérêt de la population, comme se plait à le dire, le ministre des Mines et des Hydrocarbures, ces transporteurs ont préféré attendre.
D'actualité
C'est alors la grogne chez les transporteurs. Ces derniers annoncent que la hausse des frais de transport est plus que jamais d'actualité. «Si l'Etat pensait à l'intérêt de tout le monde, les responsables nous auraient invités à concerter avec les autres entités concernées lorsqu'il a été décidé de revoir à la hausse les prix à la pompe», c'est la réflexion émise par un représentant de coopérative de transport sur le réseau urbain. Pour ce responsable, les professionnels du secteur du transport n'ont pas oublié que le projet envisagé par l'administration devait avantager les transporteurs de passagers et de marchandises. Il veut parler bien évidemment de l'idée d'instaurer un mécanisme de hausse à deux vitesses.
Faut-il rappeler qu'il y a quelques jours, le ministre des Mines et des Hydrocarbures avait assuré que la hausse des prix à appliquer sera moins importante pour les transporteurs. «Le but est d'éviter la flambée des prix», devait-il expliquer. Très peu de gens accordait une chance de réussite pour ce projet de l'Etat.
Réaction immédiate
Mais pour les transporteurs le problème réside sur le fait que lorsqu'ils ont voulu augmenter leur tarif, l'Etat s'y était opposé et avait assuré qu'une solution serait trouvée. Quand ce sont les gérants de stations-service qui menacent de faire une grève, la réaction de l'administration est immédiate et celle-ci a même accepté de faire une concession.
Alors, si les transporteurs décident d'observer un mouvement de grève, est-ce que l'Etat prendra en compte leur revendication ? Ce qui est sûr c'est que la réaction ne sera pas aussi rapide comme cela s'était passé avec les gérants de stations-service, qui ne voulaient pas vendre du carburant hier.
Recueillis Par Dédier Rambelo
Midi Madagasikara/15/04/2011
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