Par ailleurs, à Londres, les Nigérians de la diaspora ont conseillé au Premier ministre britannique, Gordon Brown, de refuser d'impliquer son pays dans un processus qui risque de transformer le Delta du Niger en un nouvel Iran ou un nouvel Afghanistan.
Dans un communiqué rendu public dimanche à Abuja, la capitale fédérale du Nigeria, par son secrétaire à la Propagande, Alhaji Lai Mohammed, le parti d'opposition indique que cet accord devrait être immédiatement annulé, pendant que les efforts en cours qui privilégient le dialogue pour résoudre la crise devraient être maintenus, considérant, notamment, que l'idée de l'organisation du jamboree, pompeusement baptisé “sommet”, a été abandonnée.
AC explique que la violence qui sévit dans la région n'est qu'un symptôme révélateur d'un problème plus profond causé par des années de négligence "de la poule aux oeufs d'or" par les gouvernements qui se sont succédés au pouvoir au Nigeria, la plupart d'entre s'étant tout juste contentés de marquer leur adhésion de pure forme aux efforts consentis pour sortir les communautés productrices de pétrole de la pauvreté et mettre un terme à la dégradation de l'environnement.
"La Grande-Bretagne met la charrue avant les boeufs par son offre inutile et incendiaire d'accorder une assistance militaire au Nigeria pour l'aider à écraser le mouvement militant dans le Delta du Niger. Cette stratégie équivaut à traiter les symptômes d'une maladie au lieu de s'attaquer à la maladie elle-même", constate encore l'AC.
"Les raisons invoquées pour expliquer le fondement de l'offre d'assistance militaire par la Grande Bretagne nous laissent perplexes, au moment où les militants ont démontré qu'ils pourraient continuer à agir selon leurs désirs, même en cas de déploiements militaires massifs dans la région.
"Il ne fait aucun doute que la décision prise dans ce sens par la Grande-Bretagne n'est pas motivée par l'altruisme, mais plutôt par un intérêt personnel bien compris. Ou peut-être que le moment du remboursement est venu pour la Grande-Bretagne, après tout, la Baronne Lynda Chalker avait appuyé l'élection controversée de Yar'Adua à un moment où les observateurs locaux et internationaux avaient qualifié ce scrutin de pire élection de toute l'histoire du pays", affirme le parti.
AC rend hommage aux Nigérians de la diaspora, qui ont saisi l'occasion de la visite du président Yar'Adua pour manifester à Londres contre le "cadeau empoisonné" de la Grande-Bretagne, expliquant que leurs points de vues sont partagés par des millions de leurs compatriotes au Nigeria qui ont la conviction que seule une démarche juste et équitable peut contribuer au règlement de la crise dans le Delta du Niger.
"Nous l'avons déjà dit et souhaiterions le répéter, il ne saurait y avoir de solution militaire à la crise dans le Delta du Niger. Par conséquent, tous les véritables amis du Nigeria doivent apporter des idées sur la manière de créer des emplois pour les millions de jeunes en chômage dans le Delta du Niger, mettre un terme aux années de pollution de l'environnement qui ont fait disparaître les moyens de subsistance des populations, fournir une éducation de qualité aux jeunes et des infrastructures sociales pour les communautés productrices de pétrole vivant dans la pauvreté. Toute autre solution que celle-là est vouée à l'échec, même si la Grande-Bretagne déploie tout son arsenal militaire dans le Delta du Niger", déclare AC, dans sa mise en garde.
Dans la pétition qu'ils ont déposée au 10 Downing Street, résidence officielle du Premier ministre britannique, et auprès du Haut Commissariat (ambassade) du Nigeria à Londres, les Nigérians, réunis sous l'égide de l'Association des populations ijaws (IPA), exhorte la Grande-Bretagne à engager le président Umaru Yar'Adua à mettre en oeuvre le Plan directeur pour le Delta du Niger, qui représente la feuille de route fondamentale vers la paix et la stabilité dans la région pétrolifère, avec un calendrier clair.
Les Nigérians de divers groupes ethniques, en particulier des Urhobos, des Yorubas, des Akwa Ibomites, des Isokos et des Ogonis, ont participé à la manifestation, qui avait démarré samedi, vers 10 heures, à Trafalgar Square.
Les manifestants ont marché vers le centre du pouvoir, à Londres, où une lettre de protestation adressée au président Yar'Adua a été remise au Haut Commissaire (ambassadeur) du Nigeria en Grande-Bretagne, le Dr Dalhatu Tafida, pour transmission aux autorités nigérianes.
Le président de l'IPA, M. Roland Ekperi, et le président du Congrès national des Ijaws (INC) en Europe, le Dr Felix Tuodolo, étaient en tête des manifestants.
Lagos - 21/07/2008
Pana
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