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Sécurité: Les attentats continuent au Nigeria

Nigeria-Sécurité - Les attentats continuent malgré l'état d'urgence dans le Nord. Le Nigeria n'arrive pas à sortir de la spirale de la violence, cette fois-ci oeuvre des islamistes radicaux de la secte Boko Haram qui sévit dans le nord du pays, majoritairement musulman. Depuis fin décembre dernier, cette secte, qui a fait allégeance à Al-Qaïda et qui veut imposer la charia comme mode de gouvernance, a multiplié ses attaques contre la communauté chrétienne et tout ce qui symbolise l'autorité de l'Etat.

Hier encore, des hommes armés appartenant à Boko Haram ont attaqué un commissariat de police dans l'Etat de Jigawa (toujours dans le nord du Nigeria), causant la mort d'une adolescente et faisant un blessé parmi la police, ont rapporté les médias locaux, repris par les agences de presse.

«Des hommes armés ont tiré dans tous les sens contre le poste de police et ont poussé nos hommes à riposter, tuant une jeune fille qui tentait de s'enfuir et blessant un policier», a indiqué la police de cet Etat.

Les assaillants ont lancé un engin explosif mais fort heureusement il n'a pas fonctionné, sinon les pertes humaines et les dégâts matériels auraient été plus lourds.

L'attaque n'a pas encore été revendiquée mais, d'après les autorités d'Abuja, il s'agit d'un procédé souvent utilisé par Boko Haram, qui a donné un ultimatum de trois jours à la minorité chrétienne du nord pour quitter la région. Le sud du Nigeria est majoritairement chrétien et animiste.

Les autorités d'Abuja n'ont pas pris au sérieux les menaces de cette secte, mais les chrétiens du nord ont menacé de prendre les armes pour repousser toute éventuelle agression.

«Bien que nous considérions la menace de Boko Haram dépourvue de tout fondement, sur la base des informations de nos services de renseignements, nous sommes en alerte pour parer à toute éventualité», a déclaré le porte-parole de la police, Yemi Ajayi, cité par l'AFP.

A son tour, le conseiller national à la sécurité du pays, Owoye Azazi, a affirmé, mardi dernier, que «les forces de sécurité sont à la hauteur» en cas de montée de la tension.

Mais cela ne dissuade pas les islamistes radicaux de poursuivre leurs attaques. Pour rappel, le président du Nigeria, Goodluck Jonathan, a été contraint de décréter l'état d'urgence dans plusieurs Etats où cette secte n'a pas l'intention de renoncer à instaurer un pouvoir islamiste.

Les agissements de Boko Haram pourraient mener le pays vers la sécession même si certains analystes doutent fort que ce soit l'objectif des terroristes.

Car le Nord musulman n'a pas intérêt à se séparer du Sud chrétien car toutes les ressources naturelles se trouvent dans le sud du pays. Mais les violences de Boko Haram risquent de se poursuivre, voire même s'aggraver, si un dialogue sérieux n'est pas mené entre les communautés musulmane et chrétienne. La tâche s'avère difficile pour l'actuel président qui joue la prudence par peur d'attiser les tensions.

Lyes Menacer

La Tribune/05/01/2011