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Feb 09th
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Libye-Crise: Spectre d’une guerre civile

Situation politique en Libye - La chute de Moammar Khadafi a mis fin à plus de quarante deux ans d’un pouvoir personnel et autoritaire. Désormais, un vent de liberté souffle sur Tripoli, et les Libyens en respirent à pleins poumons. Cependant, l’heure n’est plus aux réjouissances comme aux premiers moments de l’effondrement du régime du « Guide de la révolution ». Passé la période d’euphorie, la population fait face maintenant à la dure réalité et doit gérer son quotidien dans un contexte de reconstruction d’un pays ravagé pendant des mois par la guerre.

En effet, avec le conflit armé, les infrastructures ont été dévastées, entraînant des problèmes d’eau, d’électricité qui viennent s’ajouter à la cherté de la vie. Pour des gens qui vivaient dans une relative opulence et bénéficiaient de la gratuité dans les secteurs sociaux de base, il faut bien serrer les coudes pour joindre les deux bouts, car l’Etat n’est pas encore bien installé pour satisfaire les besoins prioritaires.

Du reste, le désarmement de la population et l’intégration des combattants dans les forces de sécurité figurent parmi les priorités des priorités du nouveau gouvernement de transition formé fin novembre pour la survie même du pouvoir et des institutions. En effet, des milliers de Libyens, toutes professions confondues, avaient pris les armes pour combattre l’ennemi commun : Moammmar Khadafi. Maintenant que l’ex-dirigeant est hors d’état de nuire, il se pose la question de la gestion de ces ex-combattants, qui n’ont pas désarmé.

Et régulièrement des heurts entre bandes armées font des victimes. La situation sécuritaire est si critique que le président du Conseil national de transition (CNT), Moustapha Abdeljalil, a évoqué le risque d’une guerre civile. La nomination d’un général à la retraite, Yusuf al-Manqush, comme chef d’état-major des Forces armées est un pas vers la création d’une armée nationale unifiée.

Mais l’équation des milices, les revendications salariales des ex-rebelles et les manifestations de mécontentement envers les dirigeants du CNT sont toujours d’actualité et menacent dangereusement le processus de reconstruction. Les puissances occidentales, qui ont utilisé des moyens colossaux pour balayer le défunt régime, ont un rôle majeur à jouer pour permettre au CNT d’asseoir son autorité. A défaut, la Libye pourrait sombrer dans un nouveau chaos et plus d’un viendrait à regretter l’ère Khadafi, où les Libyens, quoique privés de liberté, vivaient quand même dans la paix et l’abondance.

Adama Ouédraogo Damiss

L’Observateur Paalga/06/01/2012