Syndicat autonome des enseignants du supérieur - Le Saes décrète 72 heures de débrayages - Les enseignants du supérieur vont encore croiser les bras pour trois jours. Le Syndicat autonome des enseignants du supérieur (Saes) réplique ainsi face au manque de volonté du gouvernement à respecter les accords signés, l'année dernière. La grève entamée par le Syndicat autonome des enseignants du supérieur (Saes) depuis la fin du mois de novembre dernier est loin de se terminer.
Pour cause, à l'issue des assemblées générales tenues, hier, dans les cinq campus du pays, le bureau national a décrété à nouveau 72 heures de débrayages, à partir de 9 heures. Et cela jusqu'à samedi. 'Constatant le manque de volonté manifeste du gouvernement à respecter ses engagements et suite aux différentes assemblées générales de campus, le Saes a retenu des débrayages, à partir de 9 heures, les jeudi 5, vendredi 6 et samedi 7 janvier', peut-on lire dans le communiqué du bureau national. Ce même samedi, le syndicat, dirigé par le Pr Saidy Ababacar Ndiaye, convoque tous ses membres en assemblée générale dans les différents campus pour voir la suite à donner au mouvement de grève.
Pourtant, l'espoir de voir le Saes lever le mot d'ordre de grève était permis, à l'issue de la rencontre avec le ministre de l'Enseignement supérieur, au début du mois de décembre dernier. Lors de cette rencontre, le ministre Amadou Tidiane Bâ avait montré sa ferme volonté de mettre en oeuvre les accords de mars dernier. C'est-à-dire le paiement des arriérés de cotisation du Sénégal au Cames, le paiement des heures complémentaires, le recrutement d'assistants, la finition de la deuxième cité des enseignants et l'achèvement de tous les chantiers d'infrastructures pédagogiques dans les cinq universités du Sénégal. D'ailleurs, le Saes avait conditionné le démarrage de l'année avec le règlement total de toutes ces questions. Mieux, le Saes, syndicat majoritaire dans le supérieur, a fait de l'accueil de tous les nouveaux bacheliers une exigence. Ce qui ne peut se faire qu'avec l'augmentation des capacités d'accueil, des budgets des universités et le recrutement d'enseignants en nombre suffisant.
Par ailleurs, dans le moyen secondaire, le Cusems a décrété un mot d'ordre de grève jusqu'à lundi prochain. Les camarades de Mamadou Mbodji réclament principalement le respect des accords signés en 2003 et 2007 avec les syndicats d'enseignants. Toutefois, le Cusems vient d'ajouter à sa plateforme, l'alignement de l'indemnité de logement des enseignants à celle des fonctionnaires des autres corps de la fonction publique. Sur les cinquante syndicats dans cet ordre d'enseignement, le Cusems est pour le moment le seul à observer un mot de grève.
Mais en tout état de cause, ces grèves augurent d'une année scolaire troublée, notamment avec l'élection présidentielle de février et les élections locales. Le quantum horaire pourrait être respecté difficilement cette année. Ce qui va donc fragiliser les enseignements apprentissages dans tous les ordres d'enseignement.
Mamadou Sarr
Wal Fadjri/06/01/2012
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