L'équipe nationale sera à Blantyre demain - Le match-couperet de samedi prochain (13h30) à Blantyre aura de profondes retombées dans un sens ou dans l'autre. En cas de succès ou d'échec... L'équipe de Tunisie prendra demain, aux petites aurores, un avion spécial pour son déplacement à Blantyre où l'attend samedi prochain le match-couperet des éliminatoires de la CAN 2012 devant le Malawi. Tout au long de leur parcours dans le groupe «K», les Aigles de Carthage ont rarement vécu des moments aussi pathétiques, la qualification pour le Gabon et la Guinée équatoriale dépendant directement de l'issue de ce big-match.
C'est pourquoi le plus grand soin a été accordé à sa préparation avec une longue mise au vert sanctionnée par deux tests: le 10 août à Monastir contre le Mali (victoire 4-2) et le 22 août à Amman contre la Jordanie (nul 3-3).
D'ailleurs, à bien y réfléchir, le destin du onze national semble s'écrire à l'encre d'Afrique australe. En effet, au dernier match décisif pour la qualification en Coupe du monde 2010, la Tunisie drivée alors par le Portugais Humberto Coelho a laissé des plumes (1-0) au Mozambique.
Il faut prier pour qu'il n'en soit pas ainsi samedi au Malawi là où les «Flammes» (surnom de la sélection de ce pays) rêvent de bousculer la hiérarchie et de frapper un grand coup.
Ils auront du reste l'avantage du public et d'une pelouse en tartan qu'il faut espérer de qualité car on se rappelle que cette même surface avait joué en novembre 2010 un vilain tour aux nôtres lorsqu'ils s'inclinèrent à Maputo face au Mozambique.
«La règle du jeu»
Personne ne veut y penser. Pourtant, le scénario-catastrophe d'une élimination de la CAN (et par qui ? des mains du Botswana, 1er du groupe et du Malawi) est toujours possible.
Lorsqu'il a été évoqué avec le sélectionneur national, Sami Trablesi, dans le point de presse de samedi dernier, celui-ci s'est fendu dans une analyse pleine de bon sens : «En cas d'échec, je dois accepter la règle du jeu. S'il faut que je parte, je céderai naturellement la place.
A mon avis, l'essentiel, dans ce cas précis, consiste à ne pas perdre de temps et éviter tout ce qui avait suivi la sortie de route il y a un an au Mozambique. Je laisserai en tout cas un groupe élargi de 35 joueurs», a-t-il glissé.
Personne ne veut jouer les oiseaux de mauvais augure. Il faut malgré tout, dans l'état actuel des choses, dresser un état des lieux le plus objectif possible qui met l'accent non seulement sur l'efficacité offensive (sept buts dans les deux tests, douze si l'on y ajoute les cinq buts passés, au Tchad), mais également sur les carences défensives persistantes, que ce soit dans la formule d'une arrière-garde incluant les «pros» d'Europe ou dans celle d'une défense composée uniquement de joueurs du cru de la L1, Trabelsi insiste sur la fatigue qui génère des défaillances défensives. Mais, il faut en définitive trouver la meilleure formule et la meilleure composition de ce compartiment pour éviter de se compliquer l'existence, samedi prochain à Blantyre.
Avec une si belle section offensive
Devant, le team national paraît posséder les arguments pour mettre la pression sur l'arrière-garde adverse qui avait sombré dans le premier half du match aller, prenant deux buts et manquant d'en encaisser au moins le double.
Avec un Issam Jemaâ opportuniste à souhait à la pointe de l'attaque, avec, sur les côtés, Sami Allagui et Zouheïr Dhaouadi, le tout soutenu par Adel Chedly (en l'absence de Oussama Darragi, suspendu), la section offensive paraît disposer de la virtuosité, de l'intelligence, de la vitesse et de l'efficacité suffisantes pour prendre en défaut la défense adverse.
Cette configuration a été d'ailleurs testée le 10 août au stade Ben-Jannet, à Monastir, le résultat se révélant positif avec beaucoup de rythme, de fluidité, de mouvement et de talent.
Il reste à espérer que la pelouse ne constituera pas un handicap majeur. «Je vois que mes joueurs possèdent, aujourd'hui, suffisamment de maîtrise de la surface synthétique. Cela ne devait pas trop les pénaliser», rassure le sélectionneur national qui veut rendre le Malawi à sa juste dimension : «C'est une sélection respectable sans plus», répète-t-il.
En tout cas, c'est non seulement la sélection qui joue gros samedi en Afrique australe, à l'autre bout du continent, mais plutôt l'ensemble du foot national. Il y a ainsi jusqu'à l'instance dirigeante, la Fédération qui risque tout simplement de payer pour un échec que le patron technique de la sélection est le premier à qualifier «d'humiliant».
Pour s'épargner un véritable séisme à lui et aux structures le soutenant, le team national doit s'imposer le prochain week-end à Blantyre.
Tarak Gharbi
La Presse/30/08/2011
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