Afrique en ligne

Actualité Afrique: Actualité africaine

Thursday
Feb 09th
Afrique Nord Algérie Algérie-Manifestation: Les foyers de tension se multiplient en Kabylie

Algérie-Manifestation: Les foyers de tension se multiplient en Kabylie

Manifestation-Algérie - Dans leur ensemble, les réponses et les solutions des autorités sont inefficaces face à la grogne sociale et à la multitude de sujets qui sèment le désordre entre l'administration et la population au niveau de la région de Kabylie. Et c'est généralement parce que les pouvoirs publics à travers leurs diverses directions agissent dans l'urgence d'apaiser les esprits et d'éteindre l'incendie du moment qui se déclenche parfois aux quatre coins de la wilaya de Tizi Ouzou et presque en même temps que les remèdes paraissent à court terme comme des feux de paille qui ne résistent pas longtemps au contact de la réalité. «Notre programme de réalisation est sérieusement perturbé et sa mise en oeuvre compromise à cause des décisions des autorités locales de répondre d'abord aux revendications des citoyens exprimées violemment dans la rue par des émeutes ou autres actions de désobéissance civile au détriment d'un plan de charge global qui comprend des actions de développement à long terme», affirmait au début de l'année 2010 un haut cadre d'une direction de wilaya de Tizi Ouzou.

Des chantiers de grande envergure et tellement importants pour le bien de la collectivité sont mis en veilleuse pendant plusieurs semaines pour satisfaire une revendication jugée urgente par les riverains de quartiers et villages qui bloquent la route.

Dans ces cas, font remarquer des observateurs, les entreprises engagées depuis un laps de temps sur les chantiers sont réquisitionnées sans délai pour «casser» l'émeute et acheter temporairement la «paix sociale» en privilégiant de négocier avec les émeutiers et en évitant tout dialogue serein à travers l'encouragement et le renforcement des comités de proximité, logiquement trait d'union entre les administrés et les autorités.

Cette situation de confusion dans l'avancement des projets est aggravée par le phénomène cyclique de promesses électorales, c'est-à-dire des engagements jamais tenus, que les différents candidats aux élections clament à chaque échéance pour les zones déshéritées de Kabylie.

Ce genre de réactions des pouvoirs publics qui tendent à se généraliser et même à devenir un mode de gestion à part entière des affaires publiques a cependant des répercussions sur les résultats de tous les secteurs d'activité qui souffrent déjà d'un intérêt palpable de la part des responsables concernés.

Le secteur de la santé : beaucoup d'établissements spécialisés de santé publique (EPSP) de la wilaya de Tizi Ouzou ne répondent pas aux besoins des malades surtout en ce qui concerne les nombreux cas d'urgence relevant pourtant de ces structures de soins de proximité et les malades sont orientés vers l'unique CHU (Nedir Mohamed) que compte la wilaya de Tizi-Ouzou et qui prend en charge aussi les patients d'au moins quatre wilayas du centre du pays.

Le Chu de Tizi Ouzou ne supporte plus les charges «supplémentaires» que lui font subir ces EPSP censés soigner les malades à leur niveau. Et dans la plupart des EPSP de la région, on relève le plus souvent l'absence de consultations spécialisées comme l'ORL, la pédiatrie, la chirurgie, la cardiologie, outre les aléas liés au manque de médecins de garde, des urgences, de maternité, de soins dentaires, de radiologie mais aussi les médicaments et traitements de base.

L'autre demande émanant de la base a un rapport avec une déviation de l'activité commerciale. La lutte pour la réduction du marché informel pourrait constituer un exemple de la faiblesse et de la qualité fragile de la riposte des pouvoirs publics face aux revendications de cette frange méprisée de la société.

Les commerçants n'ont de cesse de réclamer «un marché régulé, l'appropriation et la mise en place d'un référentiel normatif pour tous les acteurs activant dans le secteur du commerce», selon un commerçant, membre d'une organisation locale des commerçants.

Pour ce commerçant, le nombre d'opérateurs informels doit être pris sérieusement en considération à travers la sensibilisation à la réglementation ainsi que la professionnalisation de l'activité commerciale. Dans ce domaine, la rareté des marchés réglementés est mise à l'index par les professionnels.

Des centaines de commerçants informels et ambulants étalent tous les jours leurs marchandises sur les trottoirs et même les chaussées des chefs-lieux urbains, notamment la ville de Tizi-Ouzou et tout le long de la très fréquentée RN 12, causant ainsi des désagréments aux automobilistes et aux riverains.

La construction de marchés de proximité est une vieille revendication jamais prise en compte durablement par les directions concernées. Les commerçants de la wilaya de Tizi Ouzou attendent toujours le début du plan de réhabilitation de 14 marchés de fruits et légumes «dans le cadre d'un programme national», selon la Direction du commerce (DCP) de la wilaya de Tizi Ouzou. D'autres secteurs connaissent le même faible taux de suites conséquentes aux doléances tels le transport, l'éducation, l'habitat, la jeunesse et les sports.

Lakhdar Siad

La Tribune