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May 25th
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RD Congo-Procès Chebeya: Les ONGDH persistent sur l'association de malfaiteurs

JUSTICE - Au sujet de l'affaire Chebeya et Bazana, le défenseur des droits de l'Homme Christopher Ngoyi argue qu'à cette étape, la justice militaire veut orienter le procès pour étouffer la prévention d'association de malfaiteurs. Après le verdict de la Cour militaire de Kinshasa/Gombe sur le dossier des défenseurs des droits de l'Homme Floribert Chebeya Bahizire et Fidèle Bazana Edadi, les avis restent partagés. Pour preuve, les parties civiles et deux prévenus viennent d'interjeter appel. La Haute Cour militaire a donc du pain sur la planche. En effet, il faut noter qu'au cours du point de presse organisé par les organisations congolaises de défense des droits de l'Homme pour réagir à l'arrêt de la Cour militaire de Kinshasa/Gombe, Christopher Ngoyi Mutamba de l'ONGDH « Synergie Congo Culture et Développement (SCCD) a déclaré à la presse qu'au sujet de la persécution des défenseurs des droits de l'Homme, il y a plusieurs cas connus, mais on a toujours allégué que ce sont des rumeurs, et il n'y a pas de preuves. De l'autre côté, on dit seulement qu'ils sont morts dans des circonstances mystérieuses.

Pourtant, a regretté Christopher Ngoyi, il existe en RDC une autorité ayant une responsabilité régalienne. On a voulu brouiller les traces. Et à cette étape, la justice militaire essaie d'orienter le procès. Ecoeuré par l'arrêt rendu au premier degré, le défenseur des droits humains s'est écrié : « Tous les prévenus sont sous le drapeau, mais on nous dit qu'il n'y a pas de preuves matérielles ! ».

A ce sujet, Christopher Ngoyi a relevé que le colonel Daniel Mukalay a reconnu à l'audience qu'il y existe une commission anti-kuluna. Et lui de lâcher : « Voilà ce qui nous dit qu'on ne peut pas écarter l'association de malfaiteurs ». Au cours de cette rencontre, M. Christopher Ngoy a affirmé que les défenseurs des droits de l'Homme étaient menacés, et lui-même a été devant la Cour militaire pour témoigner. Curieusement, la Cour a écarté cette prévention, pendant que les commanditaires sont là, s'est indigné Christopher Ngoyi. Et il a enchaîné : « J'espère qu'ils ne sont persuadés de leur impunité. Mais nous ne pouvons pas nous frotter les mains à cette étape ».

Planchant sur le cas du chauffeur Fidèle Bazana, le responsable de l'ONGDH SCCD a développé cette réflexion : « Quelle est la destination de son corps ? Pourquoi l'a-t-on exécuté ? Nous allons penser qu'il y a eu obstruction. Le jour du verdict, nous avons entendu la Cour dire qu'elle a été dans l'incapacité matérielle d'établir certaines vérités. Nous retenons donc qu'il y a eu l'intention délibéré de manipuler l'opinion ».

En cas de non satisfaction devant la Haute Cour militaire, y a-t-il possibilité de saisir les juridictions internationales ? A cette préoccupation de la presse, M. Emmanuel Kabengele, représentant du RENADHOC et du REPRODHOC, a déclaré qu'on va y aller avec les mécanismes non judiciaires et judiciaires. Mais pour le moment, a-t-il fait savoir, les avocats des parties civiles sont encore dans le laboratoire, surtout qu'on ne se trouve pas encore dans ce cas d'insatisfaction. Et cela ne pourrait arriver que quand on aura épuisé les mécanismes internes.

Enfin, Christopher Ngoyi Mutamba a fait cette remarque : « Qui a tué Floribert Chebeya, où est Fidèle Bazana ? Dans son arrêt, la Cour militaire de Kinshasa/Gombe n'a pas répondu à ces deux questions. Nous ne sommes donc pas satisfaits.

Donatien Ngandu Mupompa

Le Potentiel/04/07/2011