Carburant-Madagascar - Mamy Ratovomalala prépare l'opinion pour une nouvelle hausse. Le ministre des Mines et des hydrocarbures, Mamy Ratovomalala, a fait une déclaration ferme, hier. à partir de maintenant, les opérateurs ne sont plus l'unique décideur du prix à la pompe du carburant. L'État prend le taureau par les cornes. Suite à la situation actuelle au Moyen Orient, mais également à la hausse du prix effectuée par Total Madagascar, mercredi, le ministère des Mines et des hydrocarbures a décidé de sortir de sa réserve.
Le ministre Mamy Ratovomalala a déclaré, hier, que « l'État a décidé de fixer les tarifs à la pompe en concertation avec les compagnies de distribution ». Il a été clair sur ce point. « La décision d'augmenter unilatéralement le tarif d'un produit aussi sensible ne sera plus acceptée », souligne-t-il.
Le ministre a invité la Compagnie pétrolière française à ramener son prix à la normale. « Total Madagascar devrait annuler la hausse qu'elle a effectuée, sinon l'État serait obligé de réagir », prévient-il.
Le prix à la pompe reste ainsi la même, en tout cas « pour cette semaine », comme l'a bien precisé Mamy Ratovomalala.
Le super-carburant est toujours vendu à Ar 3 040, l'essence tourisme à Ar 3 020, le pétrole lampant à Ar 1 800 et le gazole à Ar 2 530. En contre-partie de ce maintien de prix, le coût de stockage des produits par la compagnie Logistique pétrolière connaîtra une baisse de Ar 50. « Cette
mesure permettra d'amortir les répercussions », explique le ministre.
Hausse prévisible
Cependant, ces prix ne seront pas constants et d'autres mesures pourront être prises. D'après les explications du ministre, « on peut déjà s'attendre à une hausse, la semaine prochaine. Mais elle ne dépassera pas Ar 50 ».
Face à cette décision de l'État d'intervenir sur les prix à la pompe, les opérateurs affichent la discrétion. « Je préfère ne pas faire de commentaire pour le moment », avance l'un d'entre eux. De son côté, le ministre du Commerce, Freddie Mahazoasy, qui est venu assister son homologue des Mines et des hydrocarbures, a justifié le comportement de l'État par la Loi n° 2005-020 du 17 Octobre 2005, portant sur la concurrence.
« Les opérateurs devraient connaître davantage cette loi. L'Art 2 mentionne clairement que l'État a le droit d'intervenir sur le circuit commercial si celà peut avoir un impact sur la population. Cependant, la durée ne devrait pas excéder six mois », précise-t-il. Il a oublié que le gel de prix avait débuté de janvier à juin, puis de juin à décembre 2010.
Judicaelle Saraléa
L'Express de Madagascar/04/03/2011
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