Politique-Côte d'Ivoire - On a peine à le croire : le Front populaire ivoirien (FPI) semble faire profil bas. Que cela soit sincère, circonstanciel ou pas, on se laissera d'autant moins convaincre que la posture de son légendaire président n'a point changé. Afi N'guessan, un des tout premiers faucons du régime défunt, exige à présent "la sécurité pour tous les Ivoiriens", mais parle encore du " Président Gbagbo". Comme s'il se refusait toujours à reconnaître Alassane Dramane Ouattara (ADO) comme le seul et véritable chef de l'Etat dans la Côte d'Ivoire d'aujourd'hui. C'est pourtant lui que les Ivoiriens ont voté.
Mais qui est responsable de ces milices qui ont mis la Côte d'Ivoire à feu et à sang aujourd'hui ?
Cette nouvelle rhétorique ne trompera personne : elle émane de gens qui ne peuvent changer du jour au lendemain. Ils ont posé des actes suffisamment graves et irresponsables pour que l'on ne doute pas un seul instant de leur bonne foi.
Sans être dans la logique de la voie pacifique, ces vaincus parlent aujourd'hui de sécurité pour tous. Mais qui est responsable de ces milices qui ont mis la Côte d'Ivoire à feu et à sang aujourd'hui ?
Qui ordonnait, encourageait ou laissait tirer sur des foules de civils dont de nombreuses femmes aux mains nues ? Ignoraient-ils qu'on bombardait sans cesse des marchés ? Où étaient donc Afi Nguessan et autres lorsqu'on violait des femmes, extirpait de leurs domiciles des supposés partisans d'ADO pour aller les assassiner ?
Où étaient ces dirigeants « socialistes » du FPI qui exigent aujourd'hui la sécurité alors que des années durant, plutôt que de faire face à la demande sociale, ils avaient plutôt cherché à accumuler des armes et des munitions jusqu'au palais, et pour des années.
Ceci, aux dépens même du contribuable ivoirien qui avait faim, soif et souffrait de maladie ! Heureusement que le ridicule ne tue pas ! Mais cela fait rire de voir les faucons du FPI s'assagir ainsi.
Un peu tard et pas si convaincant en tout cas. Encore une fois, les acteurs politiques ont perdu face aux hommes en tenue. Ceux-ci auront donc été parmi les premiers à faire acte d'allégeance face au nouveau pouvoir.
Ceci, afin d'abréger les souffrances des populations. Cas du redoutable général Bruno Dogbo Blé, qui commandait la Garde républicaine, pilier de l'appareil sécuritaire de Laurent Gbagbo. Par contre, Charles Blé Goudé, chef des Jeunes patriotes, est lui toujours activement recherché. Ses partisans le disent en "lieu sûr". De quoi alimenter les doutes !
Comment prendre en compte des appels d'individus notoirement connus pour leur suffisance et leur mépris de la vie humaine ?
Il faut éviter de tomber dans le piège de ces démagogues aux multiples visages dont le professeur Aké Ngbo, président de l'université de Cocody, ex-Premier ministre de Laurent Gbagbo.
Certes, il a annoncé samedi dernier la démission de son gouvernement, et a lancé un appel à l'apaisement pour que la Côte d'Ivoire se relève et se remette au travail. Mais pourquoi, sinon par opportunisme, avait-il accepté de servir un président illégitime ?
On comprendrait mieux tous ces appels s'ils provenaient de militants sérieux du FPI, de gens respectueux de la légalité ! Comment prendre en compte des appels d'individus notoirement connus pour leur suffisance et leur mépris de la vie humaine ?
C'est toujours dans la même logique de manipulation, tous ces bruits pour un résultat aussi macabre. Et Afi N'Guessan qui voudrait qu'on oublie que c'est leur régime qui avait tout orchestré pour en arriver là !
Ils n'ont pas osé demander "pardon" pour le mal fait au peuple ivoirien
Et ses discours enflammés, presque régulièrement des appels à la haine ? A-t-il oublié que sous leur pouvoir, en vue de se conformer à la politique ségrégationniste de l'ivoirité, on avait poussé le comble jusqu'à déterrer le corps de la mère défunte d'ADO ?
Des faits qui attestent de l'ignominie et de la barbarie d'un régime qui a fait la honte de la Côte d'Ivoire et de l'Afrique ! Qu'ils se taisent donc et qu'ils prient le ciel qu'ADO et ses partisans continuent d'être des hommes de paix et de dialogue. Ailleurs, ils n'auraient pas obtenu une telle clémence. Leur arrogance aurait pu les perdre !
Mais, bravo au nouveau pouvoir qui ose encore leur donner la parole, même s'ils ne savent pas en profiter dans le bon sens. Une fois encore, ces leaders qui entouraient Gbagbo, n'ont rien compris à la perche qui leur est tendue pour accompagner le processus de réconciliation. Ces individus qui se rendent compte qu'ils ont bel et bien perdu le pouvoir et n'ont plus de recours, n'en sont pas moins arrogants !
Aujourd'hui, il faut rebâtir le pays, tout en s'efforçant de reconstruire une justice au plan moral. Mais de leur côté, on enregistre bien plus que des actes de lâcheté. Ils auraient dû assumer leur passé si ténébreux, s'ils avaient été "garçons" comme dit l'adage.
Leur sortie mal gérée comme d'habitude, révèle encore une fois des individus calculateurs et animés de mauvaise foi. A travers leur discours plein d'opportunisme, ils cherchent dans le cadre de la réconciliation nationale, à se relancer en affaires, peut-être même à échapper à la prison qui les attend ?
En tout cas, jusque là, ils n'ont pas osé demander "pardon" pour le mal fait au peuple ivoirien. Encore une preuve qu'ils ne l'ont réellement jamais aimé ! Non seulement, ils manquent d'humilité, mais encore ils gardent la même posture et sont toujours amers.
Mais faut-il s'en étonner ? Gbagbo lui-même n'ayant pas officiellement demandé pardon au peuple ivoirien, comment attendre des excuses de ses affidés et hommes liges ?
Afi Nguessan et sa suite, craindraient-ils d'être les laissés-pour-compte d'une reconfiguration politique qui donnerait plus de chances à des leaders potentiels au sein d'un FPI à reconstruire ?
Ce parti a tout intérêt à oeuvrer en vue de son assainissement et il faut souhaiter que cela intervienne rapidement. Aux militants sincères et courageux du FPI, de ne plus faire la part belle à ces leaders d'autres temps, au risque de voir leur parti voué aux gémonies.
Mettre en place en Afrique une vraie instance morale à même de juger le comportement de nos acteurs politiques
Toujours est-il que les faits survenus en Côte d'Ivoire, incitent à envisager de sanctionner ces leaders politiques africains qui compromettent l'avancée de la démocratie, et qui, par leurs forfaitures, offrent à chaque occasion les populations en holocauste.
Il urge de mettre en place en Afrique une vraie instance morale à même de juger le comportement de nos acteurs politiques. Des mesures de bannissement graduel devraient alors être prises à l'endroit de certains individus, allant jusqu'à l'interdiction d'exercer certaines fonctions, d'avoir accès aux institutions, ou même de mener des activités politiques.
La vie politique a énormément besoin d'être moralisée sur le continent. Il faut trouver une solution aux dérives des dirigeants, si l'on veut que le citoyen ait davantage foi en la politique et que les institutions gagnent en crédibilité dans les pays africains.
Dans cette attente, en Côte d'Ivoire en particulier, ADO gagnera à ne pas céder aux chants de sirène. Pour que demain l'histoire ne lui donne pas tort, il lui faut en effet ne pas succomber au charme du serpent. Il faut garder le cap sur le triptyque : vérité, justice, réconciliation.
Patriote/18/04/2011
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