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Feb 04th
Afrique centrale RD Congo RDC: Violences postélectorales en RD Congo

RDC: Violences postélectorales en RD Congo

La Nscc appelle à plus de retenue - La Nouvelle Société civile congolaise (NSCC) a appelé, hier jeudi 29 décembre, la population congolaise et sa classe politique à plus de retenue, plus de dialogue, plus de tolérance politique et au calme. Le coordonnateur national de cette structure, Jonas Tshiombela Kabiena, a lancé l'appel au cours d'un point de presse qu'il a animé dans la salle VIP de la paroisse Notre-Dame de Fatima, à Gombe.


D'entrée de jeu, l'Asbl a rendu publique son analyse post-scrutin faite sur la collecte et la compilation des résultats des élections législatives dans les Centres locaux de compilation des résultats (CLCR). Elle s'est dit très préoccupée par la tournure prise par le processus électoral en République démocratique du Congo. Lequel est «émaillé de plusieurs irrégularités et contestations de tout bord».

«Le scrutin législatif du 28 novembre dernier est sur le point de décevoir l'opinion publique et l'électorat congolais», a déploré Jonas Tshiombela, qui a dressé un bien «triste constat».

Depuis le début de la compilation des résultats des législatives, la NSCC a enregistré les accusations, frustrations, intimidations, intolérances politiques, irrégularités et violences qui sont dénoncées chaque jour à la fois par l'Opposition (UDPS, UNC, MLP et alliés) d'une part et, d'autre part, la Majorité présidentielle (PPRD, MSR, PALU, et alliés) ; en plus, plusieurs bureaux de vote à travers le pays ont été soit saccagés, soit interdits d'ouvrir leur porte à la suite de certaines dénonciations (tentatives de bourrages des urnes et autres formes de tricherie), supposées ou avérées ; interdiction d'accès des témoins de candidats et des observateurs dans certains CLCR, pourtant ils constituent, selon la NSCC, les garde-fous dans la procédure de compilation des résultats ; refus de remettre les copies de procès-verbaux à certains témoins des candidats ; intimidations et intolérances politiques entre candidats députés, parfois de la même famille politique.

CAS DES CANDIDATS MSR ET PPRD A MWEKA

A ce sujet, Jonas Tshiombela a cité le cas des candidats MSR et PPRD à Mweka, Kamonia, Luebo, Demba, et Tshikapa au Kasaï Occidental. Certains agents de la CENI ont été accusés parfois de falsifier les procès-verbaux des bureaux de vote ; 5 agents de la CENI ont été arrêtés le 13 décembre au Nord-Kivu ; dans le district de l'Ituri, le chef d'antenne de la CENI du territoire de Djugu, Jérôme Dhejo, a, d'après la NSCC, été déféré, le 17 décembre, au Tribunal de grande instance de Bunia. Ce, pour avoir organisé de fraude électorale en faveur de certains candidats à la députation nationale de cette circonscription électorale. Dans le Bandundu (à Kikwit, Bagata, Kasongo Lunda, Idiofa, Oshwe, Popokabaka et Kenge), les mêmes défaillances ont été décriées ; à Boende, Bokungu (à l'Equateur), les résultats des bureaux de vote n'ont pas été affichés à l'issue du dépouillement intervenu à la clôture des opérations de vote ; au Katanga, (à Likasi et Lubumbashi), les CLCR ont aussi été remis en question ; au Sud-Kivu, les agents électoraux des CLCR d'Uvira versés dans la tricherie, ont été identifiés et mis à la disposition de la justice ; à Lusambo, une tension est perceptible entre les frères Tetela et les Bakuamputu. A cause de la répartition de sièges, plusieurs maisons ont été brûlées, des personnes blessées et l'entrepôt de la CENI saccagé, le jeudi 24 novembre à Lusambo, dans le Kasaï Oriental.

RECOMMANDATIONS

Face à ce tableau sombre, la NSCC formule des recommandations aux uns et aux autres. Elle tient d'abord le bureau de la CENI pour responsable de tous les actes de violence ayant occasionné les dégâts matériels importants et morts d'hommes à cause de sa gestion moins transparente du processus électoral ; l'Asbl propose au bureau de la CENI de revoir sa copie et de diligenter des missions d'enquête partout où les irrégularités ont été dénoncées ; comme mouvement citoyen, la NSCC se réserve le droit de recourir à la justice et d'user tous les moyens légaux en organisant les marches pacifiques si les cycles de violences liées au processus électoral persistent sur l'ensemble du territoire national ; la NSCC s'interroge sur l'opportunité de continuer la gestion du processus électoral par l'actuel bureau de la CENI.

Dans son rôle avant-gardiste, la NSCC fait observer que la pesanteur des opérateurs politiques de Kinshasa semble peser sur les acteurs de la CENI à travers le pays, hypothéquant, par la même occasion, la crédibilité du scrutin du 28 novembre 2011 et l'indépendance de l'institution électorale. «Si on n'y prend pas garde, et à temps, la composition de la prochaine Assemblée nationale risque de ne pas refléter la volonté de la population et la vérité des urnes».

Bienvenu Ipan

Le Potentiel/30/12/2011