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May 17th
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Libye-Manifestation: La chute tragique d'un 'aigle' courtisé par les plus grands

Manifestation-Libye - C"est vrai que de la Jamahiriya, la Révolution libyenne, décidée et imposée à son peuple par le seul Kadhafi, on est en train de vivre une Révolution démocratique engagée par le peuple libyen pour instaurer un régime soucieux de libertés publiques et démocratiques. Mais prenons garde à ne pas être submergé par la manipulation dans cette mutation fondamentale qui se réalise et perdre ainsi de vue les acteurs principaux de cette dynamique et les motivations profondes qui en sont à la base. Pour garder l'esprit alerte, il faut d'abord rappeler que dans la situation où se trouve plongée la Libye, les fautes ne sont pas seulement imputables à Mouammar Kadhafi et à son clan. Les responsabilités sont à chercher en dehors de son pays, en Afrique et dans le monde.

Prenons d'abord le cas des pays africains.

Ils ne sont pas nombreux, les pays du continent, qui n'ont pas, disons-le, léché les bottes de Kadhafi pour combler les fins de mois difficiles, résoudre telle ou telle affaire brûlante. En contrepartie, il leur demandait certaines missions ou même compromissions et il leur était difficile de dire Non sans avoir obtenu de protections plus grandes que celle de Kadhafi. Il serait fastidieux, sur ce plan, de se livrer à des énumérations.

Emeutes en Libye contre le Guide

Mais il n'y avait pas que les pays africains pour lesquels, pourrait à la limite plaider l'excuse d'indigence. Même les plus grands de ce monde n'ont pas hésité à envoyer mission sur mission auprès du « Guide éclairé », faisant même tapisserie dans les couloirs pour avoir le feu vert qui leur entrouvre la tente du Guide à Syrte ou ailleurs. Certains de ces Etats ont même reçu en grande pompe le chef de la Révolution arabe libyenne, ce qui leur imposait d'accepter toutes ses frasques. On l'a vu faire à Paris. C'était franchement dégradant et on peut, quoi qu'on en dise, féliciter la Rama Yade qui, en disant que "Le colonel Kadhafi doit comprendre que notre pays n'est pas un paillasson, sur lequel un dirigeant, terroriste ou non, peut venir s'essuyer les pieds du sang de ses forfaits", a gardé une chance pour la patrie des droits de l'homme de défendre son honneur

En Italie, on peut dire que ce fut la « Bérézina ». Silvio Berlusconi, El Cavaliere, qui a fait des visites à son ami Mouammar pour le convaincre de venir en Italie et qui a même accepté de payer des dommages-intérêts en raison de la colonisation, ne pouvait pas l'interdire, une fois à Rome, dans ce haut lieu de la religion catholique, de se livrer à des extravagances qui ont choqué la bienséance mais aussi la morale et le Droit. Et c'est à bon droit que le numéro un libyen a ulcéré les Italiens en se permettant de faire des prêches pour tenter de convertir à l'Islam de jeunes et belles Italiennes réunies et rémunérées à cet effet.

Pour câliner Mouammar Kadhafi, le courtiser, lui passer ses caprices, tous les grands de ce monde y sont passés ; ils ont même atteint la limite où l'on peut les épingler en justice pour complicité dans les crimes relevant de la compétence de juridictions internationales. Le fait d'avoir accepté de compromettre avec lui sur des questions pénales concernant les attentats terroristes du Ténéré et de Lockerbie (pour lesquels un de ses ministres aujourd'hui affirme qu'il a été le donneur d'ordre de ces crimes) est très grave et induit la responsabilité de ces Etats puissants dans l'obstruction faite à l'exécution du droit pénal.

De la même façon, en contrecarrant la volonté des soignants bulgares de révéler à la face du monde et devant les juridictions, les crimes dont ils ont été l'objet, préférant à cela des compensations de toute nature, relève d'une entente avec le grand infracteur Kadhafi pour faire obstruction à la loi. Il s'agit là d'une complaisance, d'un encouragement à la criminalité qui fait à leur tour verser ces pays dans la criminalité. C'est du recel de malfaiteurs, un recel dont on a par ailleurs vu les manifestations révoltantes dans l'acceptation de la part de ces grandes puissances que la Libye préside la Commission des droits de l'homme des Nations Unies. On savait bien que si Américains, Français, Anglais, Italiens... faisaient une telle cour au Guide, c'était pour gagner de grandes parts dans les marchés publics, bénéficier des pétrodollars libyens et surtout, d'avoir la garantie qu'à leur égard, la source du pétrole ne tarirait pas.

Des droits de l'homme et de la démocratie, on n'en faisait pas tellement un problème quand bien même le chef suprême libyen jurait à qui voulait l'entendre, que la démocratie était une mauvaise chose, que les dirigeants devaient au pouvoir et y mourir et que dans la pratique, il n'hésitait pas à emprisonner et même à tuer ses ressortissants demandeurs de plus d'espace de liberté et de démocratie.

Eh bien, ce sont ces mêmes pays qui, après avoir joué les Tartuffe, se mettent aujourd'hui à stipendier, vilipender, à vouer aux gémonies, le régime exécrable de Mouammar Kadhafi. Les voilà oubliant leurs propres affaires internes pour passer des nuits de veille à rédiger communiqués, déclarations, résolutions, pour appeler Mouammar Kadhafi à respecter les droits de son peuple, à quitter le pouvoir. Ils le font avec tant de frénésie, d'hypocrisie, qu'ils sont en passe de tromper bien d'esprits et de passer pour ceux-là même qui sont à l'origine des mutations fondamentales qui se réalisent en Libye.

Il faut ici encore rappeler qu'ils ont beau ainsi jouer les mouches du coche, ils n'en sont pas moins comptables aux yeux de l'Histoire de ce qui aujourd'hui arrive en Libye et des souffrances qu'endure le peuple libyen pour récupérer son droit souverain d'être gouverné par ceux auxquels il aurait délégué ses pouvoirs.

Il faut aussi rappeler avec fermeté que ce qui se passe en Libye, on ne saurait trouver ailleurs nul déclencheur que dans les Libyens eux-mêmes ; ils sont les artisans de leur propre Révolution, ils auraient pu attendre jusqu'à ce que les poules aient des dents s'il fallait compter sur l'appui des USA, de la France, de l'Angleterre...

Ce n'est pas ici le lieu de plaindre Kadhafi, ni de passer sous silence le mal qu'il a fait à son pays, à l'Afrique et au monde, c'est simplement, in limine litis, avant d'accompagner le départ de ce dictateur, de relever que quelque part, on peut le comprendre lorsqu'il traite certaines puissances, certains médias, certains hommes, de rat, de chien. Il lui est plus que douloureux de voir que ceux qui lui ont ainsi mangé dans la main s'appliquent à lui planter le couteau dans le dos, le sourire aux lèvres.

Mais cela servira de leçon aussi à tous les dictateurs du monde qui pensent que l'amitié jurée des puissants de ce monde est une garantie d'être vissé pour l'éternité dans leurs fauteuils présidentiels !

Vt

San Finna/28/02/2011


 

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