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Feb 10th
Océan indien Madagascar Madagascar-Sortie de crise: Une nouvelle plateforme pour le dialogue

Madagascar-Sortie de crise: Une nouvelle plateforme pour le dialogue

Politique-Madagascar - Gilbert Raharizatovo et Patrice Tsihoaiza se placent en embuscade du communiqué de la Troïka sur le processus de sortie de crise. L'occasion fait les larrons. Un nouveau groupement politique dénommé Plateforme pour la stabilité et la reconnaissance fait son apparition. Elle lance un appel au rassemblement et au dialogue après la réunion de la Troïka, l'organe chargé de la coopération en matière de politique, de sécurité et de défense de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC). Gilbert Raharizatovo, ancien ministre, membre du Conseil supérieur de la transition et président du Rassemblement pour Madagascar, et Patrice Tsihoaiza, secrétaire général du Madagasikara Otronin'ny Malagasy (Monima) font partie des initiateurs du mouvement. « Une quarantaine d'associations, d'anciens ministres, d'anciens parlementaires et des cadres en leur nom personnel annoncent également leur adhésion à la Plateforme », a soutenu Gilbert Raharizatovo hier, sans toutefois dévoiler la liste des adhérents. Pour l'instant, elle poursuit encore les contacts afin d'élargir sa base.

Ses dirigeants enfilent l'habit du rassembleur et réclament la réouverture du dialogue pour la sortie de crise. « Il faut dépasser les divergences car celles-ci ne mènent nulle part. La paix sociale et la stabilité sont beaucoup plus importantes. Pourquoi accorder une grande importance à l'initiative internationale et occulter celle locale? », se demande Patrice Tsihoaiza qui parle en son nom personnel. En même temps, il semble que l'appel est une manière de balayer toute suspicion de calcul politique derrière la démarche de cette alliance contre-nature d'éléments issus de différents bords politiques. Et ce, au moment où des bruits circulent sur l'éventualité de la formation d'un autre gouvernement.

Dans une certaine mesure, les initiateurs de la plateforme donnent l'impression de vouloir refaire le coup de l'Espace de concertation politique; Escopol qui avait suggéré un accord politique à un moment où le régime de transition était bloqué. Cette fois-ci, Gilbert Raharizatovo propose une rencontre entre Andry Rajoelina, président de la Transition, et l'ancien président Albert Zafy sans pour autant écarter d'autres discussions pour amorcer le processus. « À mon avis, le premier scénario est la clé de voûte de la situation. Il va provoquer un effet d'entraînement intéressant », précise-t-il.

Position figée

Pour expliquer son initiative, la nouvelle formation politique conclut à un échec du régime dans sa recherche d'une reconnaissance après la réunion de la Troïka le 31 mars en Zambie. « Une lecture entre les lignes, de la déclaration de la Troïka, nous fait comprendre que la SADC reste figée sur sa position de mars 2009 quand elle a condamné ce qu'elle a appelé à l'époque un coup d'État (...) Elle est loin de reconnaître l'État malgache [et] la reconnaissance internationale n'est pas pour demain », analyse la plateforme naissante dans un communiqué.

Elle tente ainsi d'anticiper les conséquences de la réunion zambienne et lance un appel aux tenants du pouvoir « pour qu'ils ne s'aventurent pas à avancer dans leur double système d'unilatéralisme et de solution à la sauvette (...) [et] pour qu'ils acceptent de dialoguer ». Elle suggère également aux mouvances des trois anciens Présidents de ne pas être « figées dans l'accord de Maputo, mais prennent compte des nouvelles donnes politiques ».

Ange Andrianarisoa, chef de délégation de la mouvance Ratsiraka, n'hésite pas à répondre d'une manière favorable à l'appel. « Le président Didier Ratsiraka avait fait part de sa disposition à discuter et il avait déjà savoir qu'il dispose de deux ou trois solutions. La mouvance a toujours montré sa volonté de dialoguer », insiste-t-il.

En revanche, les tenants du régime, à l'instar de Benja Urbain Andriantsizehena, secrétaire général adjoint de l'Union des démocrates et des républicains pour le changement et vice-président du Congrès, ont une autre vision de la situation. « Il n'est plus question de discuter car cela risque de s'éterniser alors que la population souffre », soutient-il. « Il faut appliquer la feuille de route et aller aux élections », conclut-il tout en réitérant que la Troïka « n'a rejeté ni la feuille de route ni le nouveau gouvernement ».

Iloniaina Alain

L'Express de Madagascar