Elections en Tunisie - Les activités syndicales au sein des forces de sécurité tunisiennes sont désormais interdites, a annoncé hier le Premier ministre du Gouvernement transitoire tunisien, Béji Caïd Essebsi, au cours d'une conférence de presse, tenue au palais du Gouvernement à Tunis. Il expliquera que ces organisations représentent «un danger pour la sécurité du pays», a rapporté l'agence de presse tunisienne TAP.
«J'ai décidé à partir d'aujourd'hui d'interdire toute activité syndicale des forces de sécurité, au vu des dangers que cela représente pour la sécurité du pays», a affirmé M. Caïd Essebsi au cours d'une conférence de presse au palais gouvernemental.
Cette annonce intervient alors que des centaines de policiers ont manifesté mardi à Tunis à l'appel de l'Union des syndicats des forces de sécurité intérieure. Le rassemblement a été décidé en réaction face à la poursuite des actes d'incendie des postes de police et à l'absence de décisions politiques adaptées dans ce cadre, selon l'agence TAP.
Selon des médias, les manifestants ont réclamé les démissions du ministre de l'Intérieur Habib Essid et du chef d'état major de l'armée tunisienne, le général Rachid Ammar.
Le premier ministre tunisien a, par ailleurs, annoncé que le référendum «auquel avaient appelées, dernièrement plusieurs parties, ne relève pas seulement des prérogatives du gouvernement de transition».
Il a ajouté que l'organisation d'un référendum peut faire l'objet d'une concertation entre toutes les parties présentes sur la scène politique nationale : président de la République par intérim, partis nationaux, haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique.
M. Béji Caïd Essebsi a, également, annoncé une série de décisions visant à rétablir la sécurité dans le pays, à la suite de la recrudescence de la violence dans certaines régions.
Ces mesures visent, selon l'agence tunisienne, à interdire les réunions susceptibles de porter atteinte à la sécurité nationale et à conférer au ministre de l'Intérieur le pouvoir de placer sous résidence surveillée toute personne qui s'avise de compromettre la stabilité nationale.
Il s'agit, également, d'attribuer aux gouverneurs toutes les prérogatives nécessaires conformément à l'état d'urgence décrété dans le pays, afin de consacrer la primauté de la Loi face à toute éventuelle dérive sécuritaire.
Dans le discours qu'il a adressé au peuple tunisien, M. Béji Caïd Essebsi a précisé que le gouvernement «ne tolère nullement ces pratiques», tels que le blocage des routes, l'attaque des postes de police et des autorités souveraines et l'agression des forces de sécurité et de l'armée nationales, qui, a-t-il dit, risquent de paralyser le quotidien des tunisiens.
Ghada Hamrouche
La Tribune/07/09/2011
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