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Afrique centrale Cameroun Manifestations-Cameroun: La tension persiste au 5e jour

Manifestations-Cameroun: La tension persiste au 5e jour

Actualités au Cameroun - Un mort, un snack bar et une dizaine de mototaxis brulés hier alors même que le dispositif de sécurité a été renforcé. Hier, 04 janvier 2012 en mi-journée, «2 valeur», un snack bar de plus, a été brûlé par des assaillants à Douala. «J'ai reçu un coup de fil autour de 10h du matin, qui m'informait que ma boîte était en train de cramer. Lorsque je me déporte sur les lieux, c'est la désolation», relate Isaac Ngambi, directeur de cet établissement sis à la Rue de la joie à Deïdo. Selon des informations recueillies sur place, quatre individus, sur quatre motos, opèrent une incursion dans le quartier.

Ils lancent des bombes artisanales sur deux toits de domiciles. Dans leur action, un débit de boisson s'enflamme et se consume totalement. N'eut été la prompte réaction des sapeurs pompiers, la seconde concession se serait également embrasée. En effet, le dispositif sécuritaire, qui a été renforcé au cours de la nuit du 03 décembre 2012, n'a pas dissuadé les émeutiers. Outre les forces policières, présentes sur les lieux depuis le 31 décembre 2011, c'est une dizaine de camions antiémeutes de la gendarmerie nationale qui sont venus renforcer la sécurité. La tension n'a donc pas baissé, malgré l'impressionnant dispositif sécuritaire. Plus grave, la violence a gagné en intensité au fur et à mesure que les jours s'égrainent.

De jeunes assaillants continuent ainsi à sillonner les artères du quartier, à la chasse soit de motos taximen, soit des «Deïdoboys». Une dizaine de motos ont été brûlées, non loin du pont Bonabassem. On a également signalé la mort de Bernard Tankeu, moto-taximan, à l'hôpital Laquintinie, portant ainsi à 03 le nombre de personnes disparues depuis le début des émeutes. Mais ce qu'il faut constater, ce mercredi, c'est l'absence totale de la circulation des motos taxis dans ce quartier. Dans le même temps, tous les espaces commerciaux de Deïdo restent fermés et la circulation automobile est toujours engorgée. Les élèves sortant des classes sont accompagnés par leurs parents, par mesure sécuritaire. Quelques commerces, notamment la boulangerie Saker, mais aussi des restaurants et des bistrots, sont sous la protection conjointe des agents de la police et des populations, qui filtrent les entrées et les sorties des clients. La police et de la gendarmerie font des rondes incessantes dans le périmètre, comme pour donner l'impression de maîtriser la situation.

Insécurité

Pourtant, non loin de là, au carrefour Bonateki, des passagers qui empruntant le taxi sont sommés de descendre immédiatement, sous la menace des émeutiers. Ainsi, des personnes, pour gagner leur lieu de travail, sont contraintes d'aller à pied par exemple de la pharmacie Akwa nord au Feu rouge Bessengue. D'autres empruntent des chemins de traverse pour éviter de se faire identifier par les assaillants, qui demandent la langue parlée pour donner le «laissez-passer». Cette situation vire de plus en plus à une sorte de règlement de comptes entre des communautés, face à l'impuissance des forces de l'ordre (Gmi n°2, n°5, commissariats du 9ème et du 7ème, gendarmerie, Equipes spéciales d'intervention rapide), mais surtout des autorités administratives.

Progressivement, Deïdo devient une zone de non droit. Difficile, à l'heure actuelle, de dire quand les violences pourront s'estomper malgré les réunions entre autorités administratives traditionnelles. En rappel, cette vague de violence intervient à la suite d'une agression qui a coûté la vie à un jeune habitant de Deïdo. Le 31 décembre 2011 en effet, alors qu'il rentrait d'une virée nocturne avec sa copine, Eugène Moni a été mortellement poignardé par deux présumés motos taximen.

Frédéric Nonos

Le Quotidien Mutations/06/01/2012