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Feb 09th
Afrique Ouest Sénégal Politique: Me Wade fait-il de la provocation pour masquer son incompétence ?

Politique: Me Wade fait-il de la provocation pour masquer son incompétence ?

SENEGAL - Les évènements du 23 juin 2011, ont suffisamment démontré aux Sénégalais et à tout point de vue, l'incapacité de Me Wade, à gérer notre pays dans les conditions requises, en temps de crise. En s'emmurant derrière un silence troublant, qu'on ne lui connaissait pas, qui lui est par conséquent, tout à fait étranger, il montre par-là, qu'il n'a aucune solution présentement viable, à proposer, au peuple sénégalais, pour résoudre ses préoccupations. Même le courage, lui manque, pour s'adresser au peuple sénégalais, qui lui a confié la direction de son pays pour un temps donné. Cette situation inédite depuis l'indépendance du Sénégal, caractérisée par un cafouillage et d'irresponsabilités de la part du chef de l'Etat, pose un sérieux problème, surtout dans des moments de troubles aussi graves.

C'est une preuve éloquente, d'une absence notoire de maîtrise de soi et de sérénité de Me Wade. C'est également la preuve, que le pays ainsi que le peuple sénégalais, sont en ce moment dans une insécurité ambiante, sous la direction d'un tel homme qui, en cas de moindres difficultés du pays, perd sa langue, le sens de ses responsabilités, et reste cloitré dans son Palais, pour on ne sait combien de temps.

Mais Gorgui est-t-il groggy par le choc du 23 juin, qui a dû l'assommer terriblement, contrairement à ses attentes ? On peut se le demander, au regard de son mutisme actuel. D'ailleurs, ne faudrait-il pas lancer un avis de recherche, pour un président introuvable physiquement ?

Nous constatons objectivement, par son attitude depuis le 23 juin 2011, que Me Wade n'est intéressé en réalité que par la jouissance du pouvoir, qui comporte entre autres, les immenses avantages et privilèges qu'il lui procure, avec les siens, et au-delà, son clan.

Ce que sa première déclaration adressée à Idrissa Seck, quand il est arrivé au pouvoir, a bien confirmé : « Nos soucis financiers sont terminés maintenant». En vérité, Abdoulaye Wade gère notre pays pour ses propres intérêts, mais ne se préoccupe nullement des souffrances du peuple. Pour ce faire, il s'appuie sur l'argent, la violence et l'impunité (AVI) comme le dit si bien Abdoul Aziz Diop.

Elu souverainement par la majorité des Sénégalais, au lieu de rendre hommage en retour, à son peuple, d'avoir fait de lui, le premier d'entre eux, non, il a cherché déloyalement, à transformer la République, en une monarchie. En quoi faisant ?

En se considérant maintenant, non comme un élu, mais comme un souverain issu du néant, en lieu et place du peuple. Ce qui constitue une faute politique grave, qui mérite une sanction sévère et exemplaire du peuple sénégalais à son endroit. Mais aussi un avertissement, à quiconque tenterait demain, à vouloir se substituer à la souveraineté, qui n'appartient qu'au seul peuple.

La République, ce n'est pas un clan et moins encore une famille. Le comportement de Karim Wade à travers sa déclaration à Benghazi, selon quoi, il se dresse en bouclier pour défendre son père - non le président de la République-, mais contre qui ?

Ce ne devrait pas être en tout cas contre le peuple sénégalais, qui a la pleine souveraineté d'élire à sa tête, qui il veut, et de démettre tout individu élu, qui se croirait en fin de compte, souverain à sa place. Par ailleurs, sa lettre ouverte aux Sénégalais, ne fait que confirmer davantage, l'idée du projet de dévolution monarchique de son père.

Mais au nom de quoi et à quel titre, lui Karim, s'adresse-t-il aux Sénégalais ? A notre connaissance, il ne détient aucun mandat venant du peuple. Et, si son père n'était pas aujourd'hui le président de la République du Sénégal -un président spécial-, en toute objectivité, est-ce qu'il serait nommé ministre dans un gouvernement, à plus forte raison celui d'Etat, et de surcroit, à un super ministère qui regroupe plusieurs départements, parmi les plus importants du pays ? Ceci, comme premier emploi et sans aucune compétence avérée, connue des Sénégalais.

Nous avons encore là, une preuve éloquente, que Karim Wade est loin d'appréhender correctement la signification et l'esprit de la République. En République, le fils ou plus globalement, la famille du président ne compte pas, et aucun mérite ne devrait être attaché à ce lien de sang. Tous les Sénégalais sont des citoyens, au même pied, un point c'est tout.

Et le contenu de sa lettre, le rend davantage ridicule et enfantin, aussi bien dans le fond que la forme. Il aurait mieux fait de se taire comme son père en ce moment, qui par contre lui, nous doit des explications, parce que détenant notre mandat.

Mais pour Karim, les Sénégalais connaissent plus ses échecs que ses succès ! L'Anoci, Sénégal International et la Sénélec pour ne citer que ceux-là, qui étaient sous sa direction, constituent des gouffres à milliards, dont leur gestion demeure encore nébuleuse.

Mais si vous êtes, tant sûr de vous, pourquoi ne vous soumettriez-vous pas à un audit indépendant, à l'exemple de tous les citoyens qui gèrent les deniers publics ? Karim, on dit parfois, que le silence est d'or. Quand on n'a rien à dire on se tait simplement. Ceci est un sage conseil.

Me Madické Niang, ministre des affaires étrangères, à travers des explications alambiquées au Grand Jury de la RFM, a tenté de justifier l'attitude de Karim, comme étant une réaction légitime d'un fils à l'endroit de son père, dans une mauvaise passe.

C'est un scandale ou pire, une catastrophe pour notre pays d'avoir un tel homme, qui manque tant de sens républicain, à la tête de notre diplomatie. C'est une bourde de sa part de dire que c'est au président de choisir le moment qui lui convient pour parler au peuple.

C'est totalement faux, dans une période de crise grave comme c'est le cas, qui a nécessité la mobilisation des forces de police, de gendarmerie voire de l'armée, le chef de l'Etat est tenu par ses obligations de s'adresser à la nation.

Et, la qualité de bête politique, dont certains flagorneurs l'affublaient et le qualifiaient pompeusement, a fondu comme beurre au soleil, et, il se révèle aujourd'hui être plutôt, un colosse aux pieds d'argile.

Me Wade, en accédant au pouvoir dans les conditions que nous savons, ainsi que l'avantage de disposer de tout un appareil d'Etat bien huilé, a malgré tout échoué en un peu de temps, ce qui montre ses limites évidentes.

Même ses plus fervents défenseurs se rendent compte aujourd'hui, qu'il est plutôt un théoricien aérien -populiste-, qu'un praticien dialecticien, qui s'appuie sur la réalité du terrain, pour agir concrètement.

Mais pour impressionner son monde, Me Wade a l'habitude de faire des déclarations invraisemblables et incongrues à travers le monde, déclarations et promesses qui frisent parfois le ridicule aux yeux des partenaires, parce que simplement, dans la pratique, leur mise en oeuvre est impossible.

Nous en citerons seulement quelques exemples : la centrale nucléaire de 100000 Mégawatt dans le désert, la Grande muraille verte large de 15km, de Dakar à Djibouti, Les 7 TGV, les usines de fabrication d'avions et de camions gros porteurs, etc. Au moment où l'on sait, que Me Wade est incapable de fourniture de l'énergie à son pays de manière régulière et permanente. Mais de qui se moque-t-on alors ?

Mandiaye Gaye

Sud Quotidien/06/07/2011