Football Afrique - Nous allons être francs avec vous : l'équipe de Tunisie a très mal joué face au Niger. Elle n'a pas mieux joué contre le Maroc. Paradoxalement, cela nous rend très optimistes pour la suite de cette CAN car nous nous posons naturellement la question : que serait capable de faire cette équipe et où elle pourrait arriver si elle se mettait à... bien jouer ?
Une chose est sûre : nous avons obtenu le maximum en présentant le minimum. Cela peut arriver une, deux fois en football, mais attention aux marches suivantes tout de même car la chance peut nous tourner le dos, surtout qu'à partir des quarts de finale, tout se jouera sur un match.
Heureusement que les mêmes causes n'engendrent pas les mêmes effets car nous ne serions pas là à fêter la qualification tunisienne. Enfin, celle qui s'annonce.
Un mental de fer
Il n'en demeure pas moins que nous partons avec un atout de taille qui s'est vérifié tant face au Maroc que contre le Nigeria : nos joueurs ont du mental et cette équipe sait rebondir dans les moments où on s'y attend le moins.
Demeurent aussi quelques grosses interrogations tant sur le plan individuel, collectif que tactique. Celles qui demeurent entières et d'actualité, concernent les choix du départ et à l'arrivée et risquent encore de valoir des nuits blanches à Sami Trabelsi et de grosses frayeurs pour des Tunisiens qui ne se sont jamais autant passionnés pour leur équipe nationale.
Avec une défense à quatre dont deux latéraux qui n'attaquent pas (sauf état d'urgence comme cela est arrivé lors du dernier quart d'heure face au Niger) et deux pivots défensifs (Korbi et Traoui) presque entièrement voués aux tâches défensives, Sami Trabelsi a tranché concernant l'identité de jeu de cette équipe : priorité à la sécurité défensive pour, par la suite, chercher à marquer un but.
Le sélectionneur national n'a fait que suivre le chemin de ses prédécesseurs qui ont toutefois eu des fortunes diverses sur le plan des résultats.
Une Tunisie de...contre-attaque
Rarement vainqueurs, souvent vaincus (hormis 2004) en Afrique; rarement brillants, souvent décevants en phase finale de coupe du monde (hormis 1978). A méditer tout de même.
Là où Sami Trabelsi a voulu innover, c'est de jouer avec trois attaquants nominaux (Saber Khlifa, Dhaouadi et Allagui, qui l'est en championnat d'Allemagne, face au Maroc; puis Chermiti, Dhaouadi, Allagui face au Niger).
Mais là où ça n'a pas marché, c'est au niveau de l'entrejeu qui ne relance pas assez et, surtout, de Chikhaoui puis Darragi : totalement absents et qui n'ont servi ni en phase de soutien et d'efficacité devant et encore moins en phase de récupération.
En ce moment donc, cette option écartée, on peut se tourner vers une autre.
L'heure de Adel Chédly ?
Sami Trabelsi l'a déjà expérimenté en revenant à la formule des trois pivots avec Ragued en seconde mi-temps face au Maroc et cela a plutôt bien marché avec le retour à l'équilibre dans l'équipe. Face au Niger par exemple, notre équipe jouait à deux pivots contre trois dans le camp adverse et cela l'a drôlement desservi.
Si nous partons donc de la nécessité d'évoluer avec trois pivots et d'éliminer Chikhaoui et Darragi, vaut mieux aligner un troisième pivot capable de défendre et de relancer, tout en ayant cette capacité à briller tactiquement et à baisser ou élever le rythme de l'adversaire et de son équipe.
N'allez pas chercher très loin, ce joueur existe et il s'appelle Adel Chédly. Saïhi pourrait également faire ça mais nous n'avons pas de temps à perdre en adaptation.
Aujourd'hui, à notre avis, l'équipe est là avec ce fantastique Msakni, le retour de Jomaâ et de Dhaouadi qu'on ne voit décidément qu'à gauche (problème car Msakni aime partir de ce côté pour slalomer et marquer). Avec Chédly, Korbi et surtout Traoui seraient à leur tour plus libres et libérés.
La défense enfin ? La prestation de Mathlouthi nous a un peu refroidis comme ces boulevards entre la défense centrale et les latéraux. Ifa et Jmel ?
Nous voyons plutôt Chemmam à gauche et Boussaïdi à droite. Peut-être pas les deux mais deux latéraux qui ne soutiennent et ne dédoublent pas, c'est un peu trop pour une équipe qui doit quand même chercher à attaquer.
Nuits blanches pour Sami Trabelsi et jusqu'à présent pour nous Tunisiens. L'ambiance est à la fête !
Par Sami Akrimi
La Presse/30/01/2012
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