Economie-Dette du Cameroun - Ce qui porte à 1740 milliards de Fcfa, la dette publique du Cameroun au premier trimestre 2011. La mobilisation de l'épargne locale réalisée en décembre 2010 suite à l'emprunt obligataire (200 milliards de Fcfa) et les tirages opérés auprès des partenaires financiers internationaux sont la conséquence de l'alourdissement de la dette publique du Cameroun. Désormais, elle se compose de 65,3% de créances extérieures et de 34,7% d'engagements locaux. Il y a un an, à la même période, elle s'élevait à 64,3% en terme d'engagements extérieurs et à 35,7% pour la dette intérieure. Cette légère variation s'explique, selon la note de conjoncture de la Caisse autonome d'amortissement (Caa) sur la dette publique de l'Etat, par les fluctuations du taux de change et surtout par le nombre de souscripteurs étrangers de l'emprunt obligataire du Cameroun estimé à 21%.
Ainsi, pour le premier trimestre 2011, la dette publique du Cameroun est évaluée en valeur absolue à 1136 milliards de Fcfa pour le volet extérieur et à 604 milliards de Fcfa pour les engagements intérieurs, soit un total de 1740 milliards de Fcfa. Donc, loin des 5000 milliards de Fcfa de l'avant point d'achèvement de l'initiative Ppte en avril 2006.
Si les experts de l'institution estiment à 300 milliards de Fcfa le montant des nouveaux engagements de l'Etat, ils précisent cependant que seuls 18 milliards de Fcfa ont été effectivement décaissés au 31 mars 2011, sur un total de 153 milliards de Fcfa contenus dans le budget de l'Etat, soit un taux de réalisation de 1,1%.
La conséquence de ce retard dans les décaissements du fait de certaines procédures, souligne la Caa, va se traduire par des risques de tassement de réalisation de certains projets nécessaires pour «l'atteinte des différents objectifs budgétaires».
Car, d'après la note de conjoncture, les soldes engagés et non décaissés (Send) s'élèvent à 1000 milliards de Fcfa. Aussi en excluant l'emprunt obligataire, les décaissements sont en baisse de 45,9%.
S'agissant du paiement de la dette extérieure, les bailleurs de fonds multilatéraux ont été satisfaits à hauteur de 24,6% tandis que les partenaires bilatéraux ont reçu 75,4% des paiements.
Dans cette rubrique, l'Opec Fund (23%) et l'Ida (17%) sont les créanciers multilatéraux de l'Etat ayant reçu les paiements les plus élevés. Alors que les membres du Club de Paris constitués de la France, du Japon, de la Belgique, des Pays Bas, de la Suisse, de l'Espagne et de l'Allemagne, côté partenaires bilatéraux, ont reçu 92% des paiements.
Les autres créanciers s'en tirent seulement avec 8% de dette payée. Pour ce qui concerne la dette intérieure, elle se constitue à 90% du règlement de la dette structurée non bancaire. Dans cette rubrique, 28% sont destinés au paiement de la dette titrisée et 97% au règlement des dettes de l'Etat vis-à-vis des entreprises publiques et parapubliques.
«La Cnps a reçu la moitié de ces paiements», peut-on lire dans la note de conjoncture.
Malgré l'enlisement dans le couloir de l'endettement, la dette publique du Cameroun reste viable au regard de certains aspects, notamment les tests appliqués aux différents agrégats macroéconomiques : «le ratio du stock de la dette publique sur le Pib est inférieur à 15% pour un seuil de 70% ;
la valeur actuelle de la dette extérieure est inférieure à7,5% pour un seuil de 30% ; le ratio de la valeur actuelle de la dette publique sur les recettes d'exportations est inférieur à 46% pour un seuil de 100% ; le ratio de la valeur actuelle de la dette extérieure sur les recettes budgétaires est inférieur à 41% pour seuil de 200%».
Cette bonne tenue de la dette publique de l'Etat appelle cependant à plus de vigilance signale la Caa, au regard du rythme de signature des nouveaux emprunts en terme de coûts et de risques. Même si les liquidités disponibles permettent globalement de soutenir des chocs, rassure la Caa.
Pierre Célestin Atangana
Le Quotidien Mutations/05/07/2011
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