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Feb 09th
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Côte d'Ivoire-Actualité: Tirs autour de la résidence du général Mangou

Actualité-Côte d'Ivoire - Gbagbo veut-il ouvrir un second front ? Selon des témoins cités par l'agence chinoise Xinhua, des tirs nourris à l'arme lourde ont été entendus lundi autour de la résidence à Abidjan du chef d'état-major des Forces de défense et de sécurité de Côte d'Ivoire (FDS-CI), le général Philippe Mangou. Ces tirs, d'après les témoignages, auraient débuté autour de 6 h 00 heure locale. Un groupe armé en treillis aurait fait irruption à Yopougon Andokoua, dans le périmètre où habite l'officier supérieur de l'armée ivoirienne. Des soldats des FDS-CI, fidèles à Laurent Koudou Gbagbo, postés permanemment autour du domicile du chef militaire, auraient opposé une résistance aux assaillants, d'où un échange de coups de feux.

L'identité des agresseurs n'étant pas connue, les supputations vont bon train. Pour qui pourraient rouler ces attaquants matinaux qui en voulaient au maître des lieux ? Pour Gbagbo ou pour Ouattara ? Difficile pour l'instant de le dire. Cela est d'autant plus difficile que la radiotélévision ivoirienne (RTI) a démenti en fin de journée lundi l'information.

Ces derniers temps, beaucoup de choses ont été dites sur le général Mangou qui laissent libre cours à toutes les interprétations. Malgré une loyauté de façade au président sortant, Laurent Gbagbo, le chef de l'armée de Côte d'Ivoire, fin décembre, aurait eu un contact avec le camp Ouattara.

L'intéressé, en janvier dernier, avait lui-même affirmé avoir décliné une offre d'Alassane Dramane Ouattara (ADO) d'être son chef d'état-major. Le moins que l'on puisse dire est que Mangou, aux yeux de Gbagbo et des siens, est devenu un « suspect sérieux », de même qu'il n'est pas en odeur de sainteté auprès d'ADO.

Un observateur de la scène politique ivoirienne a d'ailleurs soutenu que « Mangou a peur pour lui comme pour sa famille. Il est en permanence entouré de soldats qu'il n'a pas choisis et qui se précipitent pour décrocher quand sonne son téléphone cellulaire ».

Les communiqués martiaux qu'il lit devant les caméras de la RTI lui seraient dictés, et même qu'il ne pourrait plus aller pisser seul, surveillé qu'il est comme du lait sur le feu.

Ce climat de suspicion à l'endroit du chef militaire pourrait expliquer les événements de lundi matin, survenus au lendemain d'une percée, dans l'ouest du pays, des adversaires de l'enfant terrible de Mama.

C'est aussi le signe que le pauvre général est dans l'antichambre de la disgrâce. La riposte des éléments armés postés chez lui se perçoit comme de l'obéissance, ceux-ci prenant faits et cause pour leur chef qu'ils n'entendent pas lâcher.

Du coup, c'est un nouveau front qui s'ouvre pour Gbagbo, d'autres militaires de l'armée ivoirienne pouvant du jour au lendemain lui tourner dos au profit du général Mangou si celui-ci venait à être parachuté par Gbagbo, auquel il avait pourtant fait allégeance avant même son investiture à la va-vite.

D. Evariste Ouédraogo

L'Observateur Paalga/15/03/2011