Un journaliste condamné pour avoir mis à jour un scandale sexuel impliquant un haut dignitaire – Un tribunal de la province de Namibe située dans le sud-ouest de l'Angola a envoyé jeudi en prison un journaliste sans un procès régulier pour avoir dénoncé un cas de harcèlement sexuel impliquant le haut responsable du système judiciaire de la province, dénonce le Comité de protection des journalistes (CPJ, sigle en anglais). D'après la presse, le juge Manuel Araujo a condamné Armando José Chicoca, un journaliste indépendant qui travaille pour la Voice of America (VOA) et pour des journaux locaux (Folha 8, Agora et O Apostolado),à une peine d'un an d'emprisonnement et à une amende de 200.000 kwanza (soit 2.100 dollars américains).
Le procès du journaliste s'est déroulé sans la présence de son avocat, a affirmé M. David Mendes qui a donné l'information au CPJ et il a ajouté qu'il va interjeter appel.
L'inculpation de Chicoca pour calomnie et diffamation punies par le code pénal angolais est intervenue après la plainte déposée par le président du tribunal de la province de Namibe, Antonio Vissandula, suite à une information diffusée en 2007 par la VOA suite à une dénonciation faite devant la presse locale par Mme Rosa Camunu José.
Le juge Vissandula a également accusé le journaliste d'être l'auteur d'un article anonyme l'accusant de corruption, inséré juste en-dessous de l'article l'incriminant sur le scandale dans un site web critique angolais basé au Portugal, Club-K.
M. Vissandula a également déposé une plainte contre José pour diffamation ; ce dernier a écopé d'une peine de 45 jours avec sursis et une période de deux ans de probation, selon lui.
Selon le CPJ, le journaliste avait déjà passé 33 jours de détention en 2007 après avoir été arrêté par la police alors qu'il couvrait les manifestations contre la démolition d'un marché.
Pana 05/03/2011