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Dim, Avr

Résolution de l'ONU pour la protection du patrimoine culturel

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Protection du patrimoine culturel – La directrice générale de l'UNESCO, Mme Irina Bokova, a salué la résolution 2347 en faveur de la protection du patrimoine adoptée à l'unanimité par le Conseil de sécurité des Nations unies, estimant que cette décision, qui criminalise la destruction délibérée des sites du patrimoine culturel, est 'historique'.

'La destruction délibérée du patrimoine est un crime de guerre, elle est devenue une tactique de guerre pour mettre à mal les sociétés sur le long terme, dans une stratégie de nettoyage culturel. C'est la raison pour laquelle la défense du patrimoine culturelle est bien plus qu'un enjeu culturel, c'est un impératif de sécurité, inséparable de la défense des vies humaines', a déclaré Mme Irina Bokova qui s'exprimait vendredi en séance publique d'information du Conseil de sécurité des Nations unies.

Les attaques délibérées contre les grands sites mondiaux du patrimoine à l'instar des manuscrits de Tombouctou au Mali en passant par les bouddhas de Bamiyan en Afghanistan ou les vestiges de Palmyre, se sont multipliées ces dernières années et perpétrées presque exclusivement par les groupes terroristes djihadistes.

'Les armes ne sont pas suffisantes pour vaincre l'extrémisme violent. Bâtir la paix passe aussi par la culture ; cela passe par l'éducation, la prévention et la transmission du patrimoine. C'est tout le sens de cette résolution historique', a ajouté la directrice générale de l'UNESCO dans un communiqué dont copie été transmise à la PANA samedi.

La résolution 2347, première résolution portant exclusivement sur le patrimoine culturel adoptée vendredi par le Conseil de sécurité de l'ONU, appelle à protéger le patrimoine dans toutes les zones de conflit, sans limitation géographique et pour tous types de menaces confondus allant de la destruction, du vol et pillage et au trafic.

La résolution stipule qu'attaquer des sites du patrimoine culturel ou religieux 'peut constituer, dans certaines circonstances et conformément au droit international un crime de guerre', et les 'auteurs de telles attaques doivent être poursuivis en justice'.

La directrice générale a poursuivi en expliquant que depuis l'adoption par le Conseil de sécurité de la résolution 2199 en 2015, qui interdit le commerce des biens culturels en provenance de Syrie et d'Iraq, des progrès ont été accomplis pour faire obstacle au financement des terroristes par le trafic illicite des antiquités.

'Dans un mouvement mondial initié par l'UNESCO, une cinquantaine d'Etats ont renforcé leur législation et partagent désormais l'information et les données pour démanteler les filières du trafic et faciliter les restitutions', a souligné Mme Bokova.

L'UNESCO est dépositaire d'un large éventail d'instruments normatifs pour la protection du patrimoine culturel comme la Convention de la Haye pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé (1954), et ses deux protocoles qui sont la Convention concernant les mesures à prendre pour interdire et empêcher l'importation, l'exportation et le transfert de propriété illicites des biens culturels (1970) et la Convention concernant la protection du patrimoine mondial culturel et naturel (1972).

PanaPress 27/03/2017