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May 24th
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Pétrole: De grandes incertitudes en 2012

Marché pétrolier - Le marché pétrolier entame l'année 2012 avec des incertitudes. Déjà affecté par la crise de la zone euro, ce marché voit venir de nouveaux facteurs de perturbation. En effet, les menaces de plus en plus persistantes des Etats-Unis et de l'Union européenne pour imposer des sanctions sur les exportations de pétrole iranien et les troubles actuels en Irak susceptibles de compromettre l'augmentation de sa production pétrolière risquent de faire flamber de nouveau les prix de l'or noir.

Les autorités iraniennes ont d'ailleurs averti qu'il était «très facile» pour l'Iran de fermer le détroit d'Ormuz à travers lequel transitent 33% du pétrole transporté par voie maritime qui permet la navigation quotidienne des tankers géants acheminant du pétrole en provenance d'Arabie Saoudite, de Bahreïn, d'Iran, du Koweït et du Qatar à raison de 15 millions de barils par jour.

Devant un tel scénario, les analystes prévoient une fourchette allant de 100 à 120 dollars le baril. L'idée que le prix due pétrole va rester élevé pendant un certain temps est assez bien ancrée. Et ce même si une autre catégorie d'analystes font part d'incertitudes dans leurs prévisions et ont des avis plutôt mitigés sur la tendance des cours. Mais la probabilité d'une perturbation dans l'approvisionnement en pétrole durant l'année 2012 est là, notamment en raison de représailles que l'Iran pourrait exercer face à d'éventuelles sanctions, «a déjà intégré une prime de 10 à 20 dollars dans les prix du pétrole». C'est ce qu'indique une analyse publiée, samedi dernier, par l'Economic Outlook Group (EOG).Cependant, ajoutent les experts d'EOG, «le danger deviendrait grand à partir du moment où le prix du pétrole commencerait à se déplacer vers les 130 dollars le baril, voire plus, en cas de confrontation avec l'Iran.

En conséquence, le risque d'une plongée des Etats-Unis et de l'Europe dans une récession deviendra certain, et toute l'économie mondiale fera face à un ralentissement économique.» Par ailleurs, les analystes affirment que les membres de l'Opep ont intérêt à maintenir les prix de brut à près de 100 dollars le baril. Et ce d'autant que dans le sillage des bouleversements politiques qui ont touché certains le monde arabe, de nombreux gouvernements des pays pétroliers du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord ont engagé de grosses dépenses budgétaires pour faire face aux revendications sociales dans le sillage des bouleversements politiques qui ont touché la région. De leur côté, les experts en stratégie des matières premières de Bank of America Merrill Lynch considèrent que les chances d'un affaiblissement des cours pétroliers sont minces. Car, expliquent-ils, c'est le supercarburant dans l'économie mondiale, notent-ils. Avis partagé par les analystes pétroliers d'Oil Price Information Service, selon lesquels il y a un consensus sur le fait que les prix élevés de brut persisteront jusqu'en 2012.

Ce qui prévoit une chute du prix du pétrole avancent que les prix pourraient se retrouver beaucoup plus bas à mesure que la production pétrolière augmentera en Libye et en Amérique du Nord, en ajoutant que les cours pourraient même baisser fortement, si l'économie européenne s'effondrait. Dans ses dernières prévisions de décembre, le département américain de l'Energie a estimé qu'en fonction de la conjoncture économique et géopolitique mondiale, le prix de l'indice de référence du West Texas Intermediate (WTI) pourrait tomber aussi bas que 49 dollars le baril comme il pourrait s'élever aussi haut que 192 dollars d'ici à la fin de l'année 2012.

Synthèse de Samira Imadalou

La Tribune/02/01/2012