AfriqueJet - Afrique Actualité Information

Actualités, informations africaines et internationales: Dépêches, brèves, dossiers, articles dinformations

Thursday
May 24th
Informations Afrique australe Malawi Malawi: La suite des manifestations du 20 juillet font le choux gras de la presse

Malawi: La suite des manifestations du 20 juillet font le choux gras de la presse

Manifestations-Malawi - Les démonstrations  sans précédent, le 20 juillet, des populations pour exprimer leur désaffection croissante envers le gouvernement du président Bingu wa Mutharika,  continuent la semaine écoulée de faire la une de la presse au Malawi. 'Les Etats-Unis suspendent une aide de 53 milliards de K' est le titre du The Daily Times qui rapporte la suspension de l'aide d'un montant de 350,7milions de dollars américains octroyée dans le cadre de l'accord signé en avril dernier entre le gouvernement du Malawi et le gouvernement américain pour le compte du Millennium Challenge Corporation (MCC), à cause de la gestion de la crise par le gouvernement.

'Le MCC est profondément préoccupé par les récents évènements au Malawi et a décidé une suspension immédiate de toutes les opérations du programme, afin de revoir son partenariat avec le Malawi, y compris l'éventualité de recommander à son Conseil d'administration de suspendre ou de mettre un terme à son assistance', a appris le journal citant le communiqué du MCC, publié à Washington.

Au moins 19 personnes ont été abattues par la police les 20 et 21 juillet, lorsque des milliers de manifestants avaient envahi les rues de Blantyre, capitale économique, Zomba, ville méridionale,  Lilongwe, capitale administrative et Mzuzu ville située dans le Nord du pays, pour protester contre les pénuries persistantes de carburant et de devises étrangères et la détérioration des  normes de gouvernance du régime Mutharika.

La gestion de la manifestation par la police  été largement condamnée par le Botswana, l'Afrique du Sud, l'Union européenne, la Grande Bretagne et les Etats-Unis.

'Bingu fait face à la pression avec des armes à feu le 20 juillet' est le titre de The Nation qui rapporte que six organisations humanitaires internationales ont reproché aux autorités du Malawi l'usage excessif des armes à feu lors de ces manifestations.

'Les forces de sécurité peuvent user de la force, quand cela s'impose de manière stricte et dans les limites de l'exercice de leur devoir, tandis que l'usage intentionnel d'armes mortelles n'est autorisée que lorsqu'il est strictement inévitable, afin de protéger des vies', indiquait une correspondance adressée par ces organisations humanitaires, parmi lesquelles Amnesty International, le comité international des juristes et le Southern Africa Litigation Centre.

La presse révèle que le Secrétaire général des Nations unies, M. Ban Ki-moon s'est également entretenu au téléphone avec le président Mutharika, pour lui faire part personnellement de ses inquiétudes sur la situation au Malawi.

Mais, dans ce contexte de condamnation au niveau international, un nouveau journal pro-gouvernemental a publié des  accusations accablantes estimant que les évènements du 20 juillet participent à un stratagème du vice-président, Joyce Banda, pour renverser le gouvernement du président Mutharika.

'Le plan consistait à installer Joyce Banda au poste de président et M. John Tembo, leader de Malawi Congress Party, MCP, principal parti de l'opposition, comme  vice-président', affirme l'hebdomadaire citant un document dont il n'a ni révélé la source ni indiqué pourquoi les personnes citées ne font pas l'objet d'arrestation, malgré ces révélations accablantes.

Les évènements du 20 juillet, selon la presse, crée des fissures au sein du parti au pouvoir, le Parti démocratique progressiste (DPP), avec la défection annoncée des leaders de la région Nord ainsi que certains parlementaires du parti au pouvoir qui s'expriment ouvertement contre l'autocratie croissante au sein du parti.

La presse a également rapporté que la commission des droits de l'homme du Malawi, la Malawi  Human Rights Commission (MHRC) et la commission consultative des droits de l'homme, la  Human Rights Consultative Committee (HRCC), principaux maitres-d'œuvre des manifestations, ont  révélé qu'elles vont mener des enquêtes sur l'usage de balles réelles par la police pour disperser les manifestations.

'La société civile va lutter pour les victimes des manifestations', a rapporté Malawi News, citant le président de la HRCC, M. Undule Mwakasungula, qui a déclaré que les 19 personnes  ne sont pas mortes pour rien, comme le prétend le président.

Pana 31/07/2011