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May 17th
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Cameroun-Sécurité: L'insécurité prend du galon

Sécurité-Cameroun - Depuis quelques semaines, des cas d'agressions et de braquage se multiplient dans la ville. Jusqu'à ce mardi 17 mai 2011, Dieudonné Atangana demeure incrédule. Cet habitant du quartier Efoulan à Yaoundé, a reçu dans la nuit de samedi à dimanche derniers, la visite des malfrats à son domicile, situé non loin de l'école publique primaire de ce quartier. «Il était environ 22h 30. La sonnerie a retentit. Un de mes enfants est allé ouvrir la porte pour voir qui s'était puisque nous attendions encore de proches parents qui devaient venir de Douala.» raconte-t-il. «Et là, poursuit-il, il (son fils, ndlr) tombe sur un type cagoulé qui le menace avec une arme. Dès cet instant tout s'est passé très vite. Ils étaient cinq ou six. Criant partout et donnant des ordres.»

L'infortuné raconte un peu honteux et devant ses enfants toujours effrayés, que ses agresseurs ont menacé de violer sa dernière de 12 ans. Pour les en dissuader, il a dû leur donner «tout ce qu'ils demandaient». C'est-à-dire cinq téléphones portables, un ordinateur portable, une caméra amateur, deux appareils photo numériques, et une somme de 125 mille francs Cfa.

«Il semble qu'il y en avait qui faisait le guet dehors. L'un d'entre eux est venu leur souffler quelque chose, puis ils sont sortis tout en nous disant que le premier d'entre nous à sortir serait abattu.»

Depuis, raconte notre interlocuteur, c'est la psychose dans sa maison. «Ma fille qu'on a menacé ne dort plus de la nuit. Je vais l'envoyer vivre chez sa tante à Mvan dès demain (ce mercredi 18 mai 2011, ndlr), en attendant de déménager moi-même.» Dieudonné Atangana exclut en effet toute possibilité de continuer de vivre dans ce quartier.

Même détermination à partir chez Henri B.. Ce jeune homme de 28 ans, habitant lui aussi de ce quartier, est tombé entre les mains des malfrats dans la soirée du jeudi 05 mai 2011, alors qu'il rentrait de voyage. «C'était à cinq cent mètres de chez moi. Ils étaient quatre. Armés de machettes et de couteaux.» Avant de poursuivre: «Ils m'ont tout pris. Mais pas seulement. Furieux parce que je ne leur avais pas spontanément donné tout ce que j'avais comme argent, ils ne se sont pas empêché de me rouer de coups.»

Pas de patrouilles

Rendu à la Brigade de gendarmerie de la place pour les déclarations de routine, le gendarme qu'il a trouvé lui aurait indiqué que deux jours avant, une jeune fille qu'il avait lui-même reçu, avait été agressée sexuellement, presqu'au même endroit.

C'est dire si les habitants de ce quartier qui suivent de près cette chronique d'agressions et autres braquages, sont particulièrement inquiets surtout devant ce qu'ils considèrent comme «l'attentisme des forces de sécurité» qui pourtant, sont bien informées de ces cas. «Comment comprendre, s'interrogeait Henri B., qu'un quartier qui dispose d'une brigade de gendarmerie, d'une brigade de Recherches, de deux commissariats soit dans une telle insécurité?». Le jeune homme s'émeut aussi de ce que malgré ces cas d'agression répétés, des patrouilles mobiles dissuasives ne soient guère visibles la nuit tombée.

Approché, un responsable de la Brigade de gendarmerie reconnaît sous anonymat, en l'absence de son chef, que les cas d'agression et de braquage ont tendance à se multiplier. «Nous en sommes conscients, et y travaillons. Il s'agit d'enquêtes qui doivent être conduites avec méthode pour éviter des abus. Nous devons en outre y aller prudemment, pour ne pas alerter ces malfrats, d'autant que les premiers éléments d'enquête montrent qu'ils ne viennent pas de loin» s'explique-t-il.

Wamba Sop

Le Quotidien Mutations/18/05/2011


 

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