Transition-Madagascar - Le président de la HAT a fait preuve de maturité et de persuasion, hier à la TVM. Le président de la Transition défendra la cause du régime auprès du président namibien à l'invitation de ce dernier, avant le sommet décisif de la SADC sur Madagascar. Une mission de très haut niveau. Le président Andry Rajoelina en personne se déplace en Namibie pour plaider la cause de la Haute autorité de la transition auprès de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC). « J'ai reçu une invitation du président namibien, Hifikepunye Pohamba, également président de la SADC, pour demain (pour ce jour, ndlr) », a déclaré hier soir Andry Rajoelina depuis Iavoloha, au cours de son intervention télévisée et radiodiffusée. Il devait quitter le pays aussitôt après l'émission pour rallier Windhoek, là où il devrait être reçu par le chef de l'État namibien en milieu de matinée. Raharinaivo Andrianantoandro, président du Congrès, devait l'accompagner dans ce déplacement.
Le président de la transition affirme qu'il s'y rend pour « expliquer la réalité ». « Je vais plaider pour qu'on appuie le pays, si on l'aime vraiment, en vue de trouver une solution mais également dans l'optique de l'organisation des élections », soutient-il.
Andry Rajoelina dévoile un pan de sa plaidoirie au cours de son intervention radiotélévisée. « En tant que responsable, il est de notre devoir de trouver la solution au problème même si certains ne sont pas d'accord », souligne-t-il. Puis, il insiste sur l'« obligation de fournir les efforts indispensables en vue des élections », qu'il espère toujours se dérouler avant la fin de l'année sans aller jusqu'à fixer un nouveau calendrier.
Le président de la Transition évoque les dispositions prévues dans la feuille de route pour assurer l'inclusivité et la consensualité. « On n'aura pas meilleur reflet de cogestion en dehors de ce gouvernement », soutient-il tout en énumérant d'autres mesures relatives à ces deux conditions.
Aveu à demi-mot
Le déplacement devrait permettre à Andry Rajoelina de défendre personnellement les acquis de la Transition. À la lecture de l'«invi- tation », il n'est pas non plus exclu de supposer que rien n'est encore tout à fait acquis pour la transition malgré le paraphe de la feuille de route et la mise en place du gouvernement dit d'union nationale. À demi-mot, Andry Rajoelina l'a laissé entendre hier. « La SADC est décideur en ce qui concerne l'avenir de Madagascar. Le problème est que les chefs d'État anglophones qui en sont membres, n'ont pas d'attache et ne connaissent pas l'esprit ici à Madagascar », lâche-t-il avant de tempérer que « la position de la SADC a évolué » et que son pouvoir est déjà « légalisé ».
L'invitation laisse supposer que la SADC souhaite encore plus d'éclaircissements sur le processus de sortie de crise avant de trancher sur le cas de Madagascar. Une situation loin du discours triomphaliste des autorités à l'issue du Sommet de la Troïka, l'organe chargé de la coopération en matière de politique, de défense et de sécurité du bloc économique régional censé examiner la feuille de route, le 31 mars en Zambie.
Le déplacement présidentiel devrait constituer une étape importante en vue de la prise de position d'une SADC qui paraît hésitante dans la gestion du cas malgache. En effet, le Sommet de la Troïka a recommandé « la convocation d'urgence d'un Sommet extraordinaire afin d'examiner plus amplement le rapport sur Madagascar ». Mais à l'heure actuelle, il n'y a pas encore de calendrier allant dans ce sens, en dehors du Sommet « ordinaire » prévu le 20 mai.
Candidature incertaine
Le président de la Transition maintient toujours le suspense sur sa candidature (ou non) aux prochaines présidentielles. « L'important est de trouver une solution pour les Malgaches et non la candidature ou non de Andry Rajoelina », a-t-il déclaré hier.
Il s'en remet également à la volonté divine sur l'éventualité de sa présence à la tête de l'État après la Transition. « Si Dieu le veut, je resterai, en tant que chef de l'État, après les élections », avance-t-il. Cela ne l'empêche pas de réaffirmer qu'il se présenterait s'il est sûr de gagner. Il reconnaît les préparatifs faits par ses collaborateurs.
Andry Rajoelina réitère également qu'il n'est pas lié par sa déclaration du 12 mai sur sa non-candidature, puisque la communauté internationale n'a pas tenu ses promesses. Pourtant, il ne s'est pas étalé sur sa promesse de ne pas se présenter à la course à la magistrature suprême faite sur la Place du 13-Mai le 24 janvier 2009, ni sur l'engagement qu'il a signé dans l'accord politique « malgacho-malgache » du 13 août 2010 pour garantir la neutralité de la Transition.
Iloniaina Alain
L'Express de Madagascar/18/04/2011
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