Madagascar - La Mercedes du président de la HAT a été la cible d'un attentat, hier. Il allait rejoindre son foyer lorsque qu'une explosion l'a soulevée. Scènes d'attentat à la bombe au Marais Masay. Le souffle d'une forte explosion a soulevé l'arrière de la Mercedes blindée du président de la Haute autorité de la transition (HAT), Andry Rajoelina, au Marais Masay, dans la soirée d'hier, aux alentours de 19h30. La berline a continué sa route dès qu'elle a touché l'asphalte. « L'intérieur de la Mercedes sentait la poudrière après la déflagration. Le président n'a d'ailleurs pas manqué de me le faire remarquer », rapporte le colonel Fidimalala Rafaliarison, son aide de camp.
Un tout-terrain qui fermait l'escorte s'est arrêté après le passage des véhicules de tête. L'explosion qui a retenti à des kilomètres à la ronde, a secoué les quartiers environnants. « J'aurai parié que c'était une bombe. L'explosion était si violente », relate Philippe Ramanantena, pompiste d'une station-service à Ankorondrano.
La poudre piquait encore les yeux à l'endroit où l'attentat a été perpétré, une trentaine de minutes plus tard.
Attentat politique
L'homme fort du pouvoir de la transition allait rejoindre son foyer à Ambatobe lorsque sa blindée était tombée dans le guet-apens. Les gardes présidentiels étaient revenus sur les lieux après l'acte terroriste.
En inspectant les environs, ils ont mis la main sur un câble mesurant environ 200 mètres qui avait été dissimulé le long des gardes-fou, installés sur le côté. Des éclats de l'explosif avaient été relevés près du ralentisseur où l'explosion avait eu lieu.
Des herbes et une grosse pierre sous lesquels le dispositif avait apparemment été camouflé étaient encore visibles sur place. De visu, les individus qui ont installé le dispositif ont court-circuité les fils à l'autre bout du câble pour déclencher l'explosion.
« Tout semblait normal avant que nous n'arrivions au casseur de vitesse. Des individus faisaient des exercices sur la piste cyclable », affirme le colonel Fidimalala Rafaliarison. En revanche, il assure avoir repéré au loin une voiture suspecte avec un enfant à bord.
Le premier ministre, Camille Vital, s'est rendu sur place sitôt alerté. « Vu le contexte, la thèse d'un attentat politique pourrait bien tenir la route », lâche-t-il.
Seth Andriamarohasina
L'Express de Madagascar/04/03/2011
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